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Royaume-Uni, USA : les ventes de livres papier en berne

Clément Solym - 09.01.2013

Edition - Economie - livers papier - ventes de livres numériques - Etats-Unis


Si en France, le Syndicat des éditeurs assure que finalement, l'année 2012 n'a pas été si mauvaise que cela, les chiffres de vente de livres papier outre-Atlantique font particulièrement grise mine. Selon les données de Nielsen BookScan, ce sont 9 % de baisse qui ont été constatés, le même que celui des années précédentes, 2010 et 2011. 

 

 

Book Covers

firexbrat, (CC BY-NC-ND 2.0)

 

 

Vincent Montagne, président du SNE, l'exprimait hier dans ses voeux pour l'année 2013 : « C'est cette qualité, cette richesse de l'offre qui explique sans doute que le marché du livre en 2012 aura, selon toute vraisemblance, été stable. En effet, selon l'un des panels (IPSOS), les ventes de livres (hors numérique et hors scolaire) ont évolué sur 11 mois de 2012 de -2,1% en volume et de -0,5% en valeur. »

 

En outre, les ventes numériques et celles du mois de décembre, dans sa seconde moitié, avaient assuré un bon retour de l'année 2012. Et le président de commenter : « Si l'on compare cette situation avec celle des autres industries culturelles, la résistance du livre, première des industries créatrices, est même remarquable. »

 

Cependant, il n'en est pas de même pour les États-Unis, où les ventes accusent le coup, et plus spécifiquement, dans le domaine de la fiction pour adultes, qui chutent de 13 %. Entre 2010 et 2012, on constate une baisse des ventes globales de 16 % d'ailleurs - bien que, du côté jeunesse, on observe une augmentation de 5,4 %, rapporte Publishers Weekly.

 

Plus dur encore, quoi qu'aisément compréhensible, les ventes de livres de poche sont en recul de 20,5 %, une érosion moins importante que celle de l'année 2011, note Nielsen. 

 

Le constat est identique, outre-Manche, avec 74 millions £ de baisse, sur l'année 2012, atteignant, estime le Guardian, le plus bas niveau en neuf années. Toutefois, le recul des ventes d'imprimés reste moins catastrophique que ce qui avait été constaté en 2011. Avec 1,51 milliard £ de chiffre d'affaires pour 2012, contre 1,59 milliard en 2011, le marché chute cependant bel et bien.

 

« Dans le contexte économique stagnant, avec de difficiles conditions de vente pour le marché du détail, et l'adoption grandissante des livres numériques, on constate une résilience sous-jacente du marché et un appétit manifeste pour la chose écrite », note Ann Betts, directrice commerciale de Nielsen Book. 

 

Dans les points forts du marché, l'auteure E.L. James, qui avec Fifty Shades of Grey apparaîtrait presque comme la messie : 10,6 millions d'exemplaires vendus sur le territoire britannique, avec plus de 47 millions £ de chiffre. Un effet de volume qui a probablement joué, même légèrement, sur l'ensemble du marché.