Rupert Murdoch scinde News Corp, mettant presse et édition à part

Clément Solym - 02.07.2012

Edition - Les maisons - Rupert Murdoch - édition - presse


Le grand magnat de la presse, Rupert Murdoch, déciderait donc d'engager une division de la société News Corp. qui interviendra dans le courant de l'année 2013, vraisemblablement vers le milieu de l'année. Deux entités bien distinctes, pour lesquelles les inconnues restent encore grandes. 

 

Cité par les Échos, Murdoch enfonçait le clou dans un mémo interne, adressé aux salariés : « Nos activités de presse et d'édition sont tout à fait sous-valorisées par les sceptiques. Grâce à cette transformation, nous allons libérer leur véritable potentiel et nous serons à même de mieux exprimer la vraie valeur pour les actionnaires. » 

 

Et voilà donc que la presse et l'édition seront séparées désormais du câble, de la télévision et du cinéma. Question restante : qui finançait quoi ? Et surtout, qui écopera des budgets et qui des dettes ?

 

News Corporation

 

 

Or, dans l'activité d'édition, il convient de rappeler la présence de HarperCollins, le groupe monstrueux. Et ce cher Rupert a de grandes ambitions pour lui : en dévoiler le réel potentiel, sous-entendant qu'il était jusqu'à lors particulièrement sous-exploité. Il souhaite ainsi façonner « la plus ambitieuse compagnie d'édition au monde, recapitalisée et particulièrement dynamique ». 

 

Mais là encore, les projets concernant HarperCollins ne sont pas clairs. De bonnes nouvelles ? C'est ce qu'assure Victoria Barnsley, P.D.G. de la société d'édition. Selon elle, les ventes de 2011 sont en baisse dans l'imprimé pour HC, mais le résultat de l'année passée a dépassé celui de 2008, année qui servait de mètre étalon. 

 

« Nous sommes très heureux de faire l'actualité, mais être l'actualité est moins fréquent. […] Mon sentiment est que ce sont de bonnes nouvelles pour faire de nous un gros poisson dans un petit bassin. Nous aurons plus de poids. Je pense que nous disposerons de plus d'investissements, ce qui sera bon pour nous. »

 

Avec News Corp. Murdoch avait été l'un des premiers à se lancer dans le numérique, et à imposer des paywall pour ses journaux. Du côté d'HarperCollins, on est dans la même approche. « L'ère du numérique nous offre une nouvelle relation incroyable avec les lecteurs, ce qui reste le plus important. Cela nous a donné l'occasion de vendre des livres à travers le monde, d'un simple clic, et a entraîné l'arrivée de procédés innovants dans la création de contenus. »

 

Autrement dit, Madame la marquise, tout va bien.

 

Or, ce qui n'aura pas tardé, c'est que l'annonce de cette séparation de l'Eglise et l'Etat, chez News Corp, c'est que depuis le début du mois de juin, une restructuration est en cours. Les départements Marketing et Publicité sont entièrement réorganisés, pour inciter les deux secteurs à mutualiser leurs forces. 

 

Autrement dit, réduire aussi la masse salariale en éliminant ce qui ressemblerait à un doublon.

 

Finalement, Madame la marquise, tout ne va peut-être pas aussi bien. 


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