Rushdie, arrogant et pédant selon un agent chargé de sa sécurité

Clément Solym - 03.08.2008

Edition - Justice - Rushdie - agent - arrogant


Le service qui fut chargé de sa sécurité n'a manifestement pas gardé un bon souvenir de Salman Rushdie, du moins Ron Evans, l'un des officiers en dresse un portrait acerbe. Arrogant, méchant, très désagréable, radin, le garde du corps écorche passablement l'auteur dans 'On Her Majesty Service'. Et l'avocat de Rushdie a indiqué hier qu'il avait écrit à l'éditeur pour lui demander de retirer ce livre qui n'a pas encore été publié.

Durant plusieurs années, une dizaine environ, Rushdie, sous le coup d'une fatwa, qu'il a peut-être décidé de raconter, fut en effet sous surveillance policière. L'ayatollah Komenei et le gouvernement iranien derrière lui avaient mis à mort l'auteur des 'Versets sataniques'. Aujourd'hui, Salman passe le plus clair de son temps à New York et l'ayatollah semble l'avoir oublié et se tourne vers les nouvelles technologies du livre...

Règlement de comptes ou diffamation ?

Les gardes du corps l'auraient même surnommé 'Scruffy', c'est à dire miteux, et l'auraient enfermé dans une armoire pour aller au pub, tant ils ne le supportaient plus. « À mon humble avis, je ne suis aucune de ces choses », rétorque Rushdie, et son avocat d'ajouter que tout n'est que fiction absurde. « Je ne cherche pas à empêcher la publication de ce livre, mais s'il paraît, il y aura des conséquences et une action en justice », ajoute l'auteur. Le livre fait également allusion à des personnes dont la sécurité serait à leur tour menacée si l'on dévoilait leur identité.

Manifestement, l'éditeur John Blake Publishing à fait la sourde oreille aux appels de la presse et du côté des forces de l'ordre, la Metropolitan Police, on « regrette qu'Evan choisisse de faire publier ce livre ».

« C'est comme une mauvaise comédie, confie Salman au Guardian. Mes relations avec les agents de sécurité ont été cordiales, et je suis toujours proche de certains d'entre eux. À la fin de ces neuf années de protection, ils ont organisé une réception à mon intention. Personnellement, j'ai gardé beaucoup de sympathie et de compréhension pour la police. Nos relations furent le contraire de ce qui est écrit. Et en neuf années, je n'ai jamais entendu quiconque me surnommer Scruffy. »