Rushdie exhorte au courage politique dans un éditorial du NY Times

Julien Helmlinger - 29.04.2013

Edition - International - Salman Rushdie - New York Times - Engagement


Invité à s'exprimer au travers des colonnes de l'éditorial du New York Times, ce 27 avril, l'écrivain comptant des followers indésirables pas que sur les réseaux, a saisit l'opportunité de partager ses états d'âme sur l'engagement et les valeurs politiques. Son constat est simple : à notre époque, le regard du grand public aurait tendance à estimer plus facilement la bravoure physique et la force brute, plutôt que l'engagement moral de l'esprit.

 

 

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Comme l'exprime l'écrivain au fil de la tribune libre que lui accordait le journal : « C'est un moment frustrant pour ceux d'entre nous qui croient au droit des artistes : intellectuels comme gens ordinaires, citoyens offensés pour avoir repoussé les limites et pris le risques de changer parfois notre vision du monde. »

 

Salman Rushdie regrette que, selon-lui, il soit à l'heure actuelle difficile de voir les hommes politiques comme des personnalités courageuses, distinguant toutefois quelques exceptions à la règle comme Nelson Mandela et Daw Aung San Suu Kyi.

 

Parmi les raisons invoquées pour expliquer le phénomène qu'il ressent, l'auteur des Versets sataniques évoque l'hypothèse que les gens en auraient possiblement « trop vu », et seraient en conséquence « devenus trop cyniques quant aux compromissions du pouvoir ».

 

Aujourd'hui, les grands modèles de morale politique ont disparu selon Rushdie, « il n'y a plus de Gandhi, de Lincoln non plus ». Et l'écrivain de nuancer quelque peu son propos, en admettant que l'on tombe parfois difficilement d'accord quand il s'agit de distinguer ce qui est courageux, ce qui est bon ou moral, de ce qui ne l'est pas. Et ce, dans la mesure ou les points de vues divergent.

 

En prenant l'exemple de la campagne de Libye, décidée par Nicolas Sarkozy afin de soutenir les mouvements populaires locaux contre Mouammar Kadhafi, l'écrivain conclut : « Le courage politique, de nos jours, est presque toujours ambigu. »