Rushdie : sa fatwa, inachevée et la violence inutile d'Israël

Clément Solym - 01.06.2010

Edition - Société - liberte - expression - rushdie


Salman n'y porte plus aucun intérêt, mais la menace n'a toujours pas disparu... oui, on parle bien de la fatwa qui fut lancée voilà des années, et que le romancier évoquait durant une table ronde qui se déroulait à Toronto avec Elie Wiesel, prix Noble de la paix, autour de la liberté d'expression.

Pour l'occasion, des dizaines de policiers de la ville ont été mobilisés et 2400 personnes ont assisté à la conférence. Le billet d'entrée coûtait jusqu'à 75.000 $ CA - et 2 millions $ CA auront été récoltés.

Toujours un peu d'actualité, donc, cette fatwa, alors qu'un musicien, Yusuf Islam - anciennement connu sous le nom de Cat Stevens, eh oui - a récemment apporté son soutien à cet édit religieux frappant l'écrivain. Provoquant la colère d'un membre du parlement australien, qui a demandé qu'on ne lui délivre pas de visa pour le pays, alors qu'il doit partir en tournée, tant qu'il ne sera pas revenu sur ses propos.

Rushdie, on s'en souvient, avait été contraint de fuir en Angleterre pour échapper aux retombées radioactives de son ouvrage Les versets sataniques. « Il vaut mieux que les pires choses soient exprimées, afin que l'on puisse les combattre, parce qu'un mal ne disparaît pas simplement en l'ignorant », estime l'écrivain.

Rusdhie en a également profité pour commenter le récent assaut mené par les soldats israéliens contre une flottille qui apportait à des Palestiens plusieurs produits, et tentait de contourner le blocus imposé par Israël. Usage excessif de la force, estime le romancier, pour qui la bonne idée commencerait simplement par ne pas faire usage des armes.

Et d'ajouter que si un même acte s'était déroulé dans les eaux internationales, on aurait appelé ça un acte de piratage.

Face à lui, Elie Wiesel, survivant des camps de concentration, évoquera les erreurs répétées de l'humanité - quand le génocide de la Seconde Guerre mondiale se trouve imité au Rwanda, au Darfour ou au Cambodge... « Le mal a plus d'imagination que la bonté, mais c'est à nous qu'il revient de changer cet aspect de l'histoire », estime-t-il.