Un vilain chantage à la fiscalité pour les librairies russes

Clément Solym - 23.07.2015

Edition - Librairies - allégement fiscal - Russie librairies - Vladimir Poutine


Dans le cadre de mesures fiscales visant à alléger la charge des libraires, le gouvernement de Vladimir Pourine envisage des mesures troublantes. Le nouveau plan inquiète en effet les établissements, qui y voient un signe avant-coureur d’une nouvelle forme de censure étatique. Et pour cause : quand un gouvernement établit des sélections de livres à vendre, tout est à craindre.

 

Librairie

carac3, CC BY SA 2.0

 

 

L’annonce émane du ministère des Sciences et de l’Éducation. Elle consiste à proposer des mesures d’allégements fiscaux contre la présence de livres choisis par le gouvernement, et proposés dans les établissements.

 

Dimitri Livanov veut ainsi « aider à la promotion et la vente de ces livres qui ont une valeur historique ». Et dans le même mouvement, « contribuer à l’éducation patriotique de la population locale ». Pour le ministre, la mesure augmentera « les ventes de littérature de haute qualité, ainsi que la présence de livres sur la culture, l’art, l’histoire et l’éducation ».

 

La Russie prendrait une orientation grinçante, comme une prise d’otage fiscale, en positionnant les librairies privées comme des espaces liés au politique. Selon le ministère de la Culture, les librairies devraient en effet être des institutions culturelles et éducatives. La dimension commerciale n’aurait alors plus de raison d’être le cœur de métier. (via Publishing Perspectives)

 

Au cours des derniers mois, plusieurs librairies ont fermé, privées des ressources que généraient les appels d’offres gouvernementaux. Les hausses de loyers font accuser le coup, et représentent en moyenne 34 % des frais généraux des établissements. Une mesure d’allégement fiscale serait donc bienvenue pour venir en aide aux libraires, mais toutes les conditions ne sont pas acceptables. 

 

Le gouvernement étudie également la possibilité d’un autre projet de loi qui autoriserait les commerces à proposer, en plus de la vente de livres, des cafés et thés, sans modifier leur statut de commerce de détail. Une solution pour attirer plus de clients dans les magasins. 

 

Début juillet, le gouvernement a également prévu d’autres mesures pour soutenir la librairie. Une législation qui ne date en fait pas d’hier, puisqu’elle se base sur une pratique de l’URSS : les locaux propriétés de l’État sont mis à disposition des libraires, moyennant un loyer extrêmement préférentiel. Des taux préférentiels, toujours dans l’idée de diminuer les charges des libraires, et qui font, de même, craindre à une tentative de prise de contrôle de la part de l’État, sur les établissements qui l’accepteraient. 

 

La mainmise discrète, dans un premier temps, de l’État russe sur les librairies ressemble à la volonté affirmée, en mars dernier, de réduire de 40 % le nombre d’universités privées sur le territoire. Le même Dimitri Livanov considérait que ces établissements étaient devenus des « bureaux pour la vente de diplômes », contrairement aux universités publiques, délivrant un enseignement de qualité. (voir ici)


Pour approfondir

Editeur : LGF
Genre : litterature...
Total pages :
Traducteur :
ISBN : 9782253177548

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