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Russie : la bibliothécaire Natalya Sharina fera appel de sa condamnation

Laurène Bertelle - 13.06.2017

Edition - Justice - natalya sharina procès - ifla bibliothèques - censure bibliothèques russie


Depuis la condamnation en Russie de la bibliothécaire Natalya Sharina pour extrémisme, les réactions ont été nombreuses. Parmi elles, la Fédération internationale des associations et institutions des bibliothèques (IFLA) a publié une déclaration officielle dans laquelle elle dénonce vivement la décision de la justice russe, mais également la position des gouvernements envers la liberté d'expression et les bibliothèques. Par ailleurs, Natalya Sharina a annoncé qu'elle allait faire appel de cette condamnation.


Natalya Sharina


 

Lundi 5 juin dernier, Natalya Sharina, directrice de la Bibliothèque ukrainienne de Moscou, a été jugée coupable d'extrémisme et d'incitation à la haine et condamnée à 4 ans de prison avec sursis, une décision contre laquelle la bibliothécaire va faire appel, dénonçant une motivation politique derrière le procès. Selon Amnesty International, son avocat a annoncé être prêt à aller devant la Cour européenne des droits de l'homme si nécessaire.

 

L'IFLA, Fédération internationale des associations et institutions des bibliothèques, a commenté l'issue du procès ce lundi 12 juin dans une déclaration officielle.

 

« L'IFLA est très déçue du dénouement de l'affaire, même si la fin de son assignation à domicile est un pas en avant », a annoncé Donna Scheeder, présidente de la fédération. « L'IFLA soutient Natalya [Sharina] dans son vœu de faire appel et lui souhaite d'obtenir gain de cause. »
 

"Une attaque envers la démocratie, l'éducation et la culture"

 

Depuis 2015, Natalya Sharina était assignée à résidence, accusée d'avoir disposé dans sa bibliothèque des ouvrages d'un auteur nationaliste ukrainien, jugés extrémistes et interdits en Russie, ce dont la bibliothécaire s'était défendue. Plus tard, aux accusations de propagande anti-russe et d'incitation à la haine s'étaient ajoutées celles de détournement de fonds.

 

L'IFLA a quant à elle toujours exprimé son soutien à la bibliothécaire, et ce depuis le début des accusations. Aujourd'hui, la Fédération rappelle que « le procès contre Natalya [Sharina] est une attaque envers la démocratie, l'éducation et la culture ».
 

Les bibliothèques auront leur mot à dire devant les Nations unies

 

Enfin, Donna Scheeder lance un appel plus large aux différents gouvernements, non seulement de Russie, mais aussi du reste du monde, à combattre toutes les attaques qui empêchent les bibliothécaires d'exercer librement leur profession, et à défendre le rôle des bibliothèques, nécessaires à la liberté d'expression.

 

« L'IFLA appelle les autorités de Russie, et celles du monde entier, à mettre fin à la censure et à la persécution des bibliothécaires. Pour le bien des citoyens et de la société civile, les gouvernements doivent reconnaître et soutenir les bibliothèques dans leur rôle de passerelle vers la connaissance, la pensée et la culture. »