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Salles de vente : les GIE de Nantes et Lyon fermeront

Clément Solym - 06.09.2012

Edition - Les maisons - GIE - salles de ventes - Nantes


Exclusif ActuaLitté : Nouvelle mauvaise nouvelle pour le secteur de la diffusion-distribution. En effet nous apprenons que les GIE des villes de Nantes et Lyon vont fermer leurs portes. L'annonce a été faite aux salariés la semaine passée, selon nos informations et la fermeture interviendrait d'ici au mois de décembre. 

 

 

Dans un entrepot de la Sodis, crédit ActuaLitté

 

 

Encore un coup dur pour les libraires indépendants, qui ne savent plus vraiment comment ils vont pouvoir travailler. Le GIE, ou Groupement d'Intérêt Economique, réunit la Sodis (Gallimard), Seuil, Volumen et Flammarion. Le premier des constats est alors celui du rachat de Flammarion par Gallimard : un tel investissement pour le groupe situé rue Gaston Gallimard n'a-t-il pas accéléré un mouvement qui semblait inéluctable ?

 

La guerre des poids lourds
 

C'est que, « si on discute de la section distribution, celle de Flammarion a la côte, elle est performante et assez rentable. C'est très bien. En revanche, la Sodis est plus grosse, avec deux à trois fois plus de références. Ça reste le même métier, et elle a la côte aussi. Ça sera avant tout un gros travail des patrons de distribution de voir comment tirer des choses de ces deux parties », nous expliquait Mathias Echenay, DG du diffuseur CDE. 

 

Avec en perspective, quelques enjeux majeurs : « Ce sont des économies d'échelle particulièrement onéreuses, et c'est complexe. Flammarion possède des outils qui nous permettraient d'être extrêmement précis au niveau du réseau, dans la connaissance des clients et des ventes, dans le pilotage de notre activité.  Si un mélange des deux maisons peut nous faire franchir un pas, c'est très intéressant. Surtout pour faire face à la “crise de l'édition”. » (voir notre actualitté)

 

L'hypothèse n'est donc que de l'ordre de la spéculation, pour le moment, et de toute manière seul le grand patron peut décider de cela.

 

La galère des libraires
 

« C'était les deux dernières grandes villes où l'on pouvait trouver les trois grands diffuseurs distributeurs. Aujourd'hui, il ne restera plus que Hachette à Lyon - sachant que Hachette avait fait fermer les salles de vente de Toulouse, Bordeaux et Marseille voilà deux ans », nous explique un salarié. Or, bien entendu, ces fermetures avaient, à l'époque, fragilisé les salles restantes. « C'est une menace pour Lyon : les libraires qui sont nos clients se déplaceront probablement moins. Et progressivement, l'activité va décliner. On est dans une perspective où il s'agit moins de développer le chiffre d'affaires - d'ailleurs, les idées semblent manquer pour ce faire - que d'optimiser les résultats. Alors, on ferme les éléments coûteux. »

 

Pourtant, nous confirme un libraire, ce sont bien ces établissements qui permettent d'échanger entre libraires, justement, de choisir. « Un livre que j'achète en salle des ventes, c'est un titre qui ne sera pas renvoyé, parce qu'il répond généralement à un besoin spécifique de mes clients. Il n'y a pas de retour, quand on se rend en salles des ventes. » Le livre, cet objet en trois dimensions... et « qui ne se résume pas à un numéro sur un écran ». 

  

Le cas Editis, avec deux fermetures déjà

 

En parallèle, cette situation fait écho à la fermeture des salles de vente d'Editis-Interforum, de Bordeaux et Nantes. Depuis le 25 avril, ces espaces dépendant du groupe, où il est possible de se fournir et de se dépanner, que l'on soit libraire indépendant ou grande chaîne, étaient en effet sous le feu des projecteurs. « Ces salles de vente sont, aux côtés des commerciaux, un relais indispensable entre les éditeurs et les libraires, en particulier de proximité. Nous affirmons qu'elles sont un relais de croissance, dont, de façon absurde, le groupe Editis veut se séparer », s'écriait la CGT dans un communiqué. 

 

Alors qu'un directeur général vient à peine d'être nommé, Guillaume Vicaire, la farandole des fermetures de salles de vente semble se poursuivre. Et les établissements d'Editis-Interforum de Bordeaux et Nantes fermeront donc pour de bon, à la fin du mois. Entre temps, le ministre du redressement productif avait renvoyé le bébé dans les bras du ministère de la Culture : dossier trop spécifique pour concerner son cabinet, il fallait voir avec Aurélie Filippetti, pour ces questions. 

 

La ministre doit recevoir une délégation de la CGT la semaine prochaine, mais aucune date n'a encore été donnée. La ministre de la Cutlure en personne assurait que la question de la diffusion-distribution « sera particulièrement prise en compte dans les réflexions qui seront menées dans les mois qui viennent autour des sujets liés à l'avenir du secteur du livre dans le contexte du développement numérique ». (voir notre actualitté)

 

Travailler ensemble, bien entendu

 

« C'est un problème de trésorerie, que l'on résout en supprimant des coûts fixes », analyse-t-on, dans l'une de ces salles de vente. Mais l'arrivée d'un nouveau directeur général chez Editis pose une autre question : évidemment, Alain Kouck, l'actuel patron, prépare son départ. Mais cet homme de logistique, très versé dans les questions de distribution, s'apprête donc à mettre en poste un homme venant de la.... grande distribution, et, comme on le dit, « qui n'appartient pas au sérail ». De quoi interroger sur la future politique du groupe, bien entendu. 

 

Dans la salle de vente de Lyon d'Editis-Interforum, on est déjà informé de la fermeture prochaine du GIE, et bien entendu, on redoute déjà les conséquences. Surtout parce que l'on sait que Bordeaux et Nantes sont déjà condamnées. Contacté par ActuaLitté, Editis tient toutefois à souligner deux points. « D'une part, la fermeture des deux salles de vente de Nantes et Bordeaux n'interviendra pas avant la fin septembre, d'autre part les libraires clients de ces salles de vente seront préalablement contactés individuellement par Interforum. Ils ne seront donc pas dans "le flou". »

 

En regard des commentaires laissés sur notre actualitté, certains sont au courant, et le déplorent, depuis quelques semaines déjà. 

 




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