Zimbabwe : malgré 97 % d'alphabétisation, la lecture affiche un déclin inquiétant

Clémence Chouvelon - 30.07.2015

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Le Salon du livre du Zimbabwe, qui se tient du 27 juillet au 1 août 2015 à Harare, la capitale, est l'événement le plus important du pays en matière d'édition. À cette occasion, la place de la lecture et son déclin dans le pays ont été mis en lumière lors des différentes interventions autour du thème de l'année : la croissance de l'économie du savoir par la Recherche, l'Écriture, l'Édition et la Lecture.

 


Harare (XcepticZP CC BY-SA 2.5)

 

« Le Salon International du livre du Zimbabwe était un lieu où les éditeurs et les acteurs du monde du livre rêvaient d’un futur où les éditeurs et les jeunes Africains avides de lecture feraient, avec confiance et conviction, de notre pays et notre continent, au XXIe siècle, un lieu positif pour le monde du livre », explique Walter Bgoya, des éditions Mkuki Na Nyota de Tanzanie, invité du Salon.

 

Une ambiance positive qui a quelque peu décliné au fil des années. Les éditeurs africains ont subi les effets d’ajustements structurels au début des années 1990, créant une baisse soudaine d’exposition à l’international. « Le Zimbabwe a également souffert d’une propagande négative, et certains éditeurs n’étaient plus sûrs d’être en sécurité ici. »

 

En plus de ces aspects économiques, le pays entretient une relation ambiguë avec la lecture : si le Zimbabwe possède l’un des taux d’alphabétisation les plus élevés d’Afrique, de 97 %, les jeunes sont peu intéressés par leur culture littéraire.

 

La faute à l’école ? Godwin Makaudze, de la Great Zimbabwe University, blâme un système trop centré sur les examens : « Les élèves ne sont amenés à lire des livres que dans le cadre du programme scolaire, et pour eux, lire ne renvoie qu’à étudier pour réussir ses examens. Ils ne lisent pas en dehors des textes imposés dans les écoles. [...] Il semble n’y avoir aucune incitation à considérer la lecture comme un loisir. »

 

L’objectif, selon Bgoya, est ainsi de promouvoir de nouveau cette culture de la lecture, notamment auprès des « jeunes captivés par la technologie » : « Le format dans lequel vous aimez vos livres n’est pas un problème, mais il n’y a pas d’autres alternatives à la lecture. Si vous êtes fatigués de la littérature, de la culture ou de la musique, vous êtes mal. » 

 

Obey Bvute, le président du Salon, a l’ambition de « ramener les années de gloire et de popularité du Salon » et de faire évoluer le monde de l’édition de son pays : « Nous avons besoin d’améliorer significativement la façon dont nous gérons nos affaires, afin de rester compétitifs dans un marché concurrentiel mondial. »

 

(via PublishingPerspectives, AllAfrica