Salon du livre : La littérature jeunesse au Mexique

Clément Solym - 14.03.2009

Edition - Société - Salon - livre - littérature


L'édition mexicaine a longtemps importatrice dans le domaine de la littérature jeunesse tout particulièrement : Jaime Sandoval et Patricia Vanrhijn, auteur et éditrice présentaient hier leur point de vue sur le monde éditorial du pays. Parents pauvres de ce secteur de l'industrie, les auteurs ont même longtemps considéré que ce domaine de la littérature était finalement trop indigent pour s'y consacrer.

Une industrie en mutation

Aujourd'hui, les choses ont changé : en s'opposant tout d'abord aux conditions que l'industrie américaine tentait d'imposer, et qui auraient facilité l'exportation de leurs ouvrages, les éditeurs mexicains se sont forgé une identité plus forte, affirmée contre l'impérialisme américain. Et désormais, le secteur jeunesse peut se targuer de faire « de belles choses », plaisante Patricia.

La situation sur la lecture dans le pays reste complexe et le domaine des bibliothèques publiques plus délicat encore. Si un actuel plan gouvernemental tend à multiplier les accès dans ces lieux, on constate finalement qu'il y a certes de l'argent pour monter les établissements, mais plus pour acheter les livres. Et en outre, le gouvernement qui publie énormément occupe les lieux avec ses propres ouvrages rendant la compétition très ardue. Mais voilà... tout ne tient qu'à la bonne volonté du gouvernement en place.

Des manques cruels de continuité

D'autre part, Mexico est la ville qui compte le plus grand nombre de librairies, avec 80 % de celles du pays, dont 60 % sont contenues dans une avenue du sud de la ville. On comprendra que le reste du pays souffre d'un manque cruel de solutions pour la jeunesse plus spécifiquement. Sauf qu'en devenant désormais exportateur, le Mexique acquiert des lettres de noblesse, et derrière l'auto-dérision que l'on peut lire dans les textes, finalement on sent poindre une envie de propager ses textes à travers la planète.

Et surtout, par pitié, finissons-en avec la cosmogonie préhispanique, les légendes et le folklore : les auteurs mexicains ont aujourd'hui autre chose à apporter à la jeunesse, et Patricia se plaignait de ne pas comprendre pourquoi, en France, on s'attache tant à cette partie ancienne, plutôt que de se tourner vers l'avenir.


Un modèle quand les erreurs seront estompées

Enfin, un dernier point pédagogique reste problématique : les élèves qui sortent du secondaire et qui ont découvert des livres durant leur scolarité ne peuvent pas les retrouver en bibliothèque. Un point dont Patricia espère qu'il sera corrigé à l'avenir...

Alors, ce modèle mexicain, deviendra-t-il même un exemple pour l'ensemble du monde de l'édition ? Il existe deux expressions consacrées, nous confiera à la fin de la rencontre Jaime. Faire les choses à la mexicaine ou faire avec l'ingéniosité mexicaine. « Dans un cas, ça risque de rater, dans l'autre, on va y parvenir, mais dans les deux cas, on chercher toujours à s'en sortir avec une méthode plan D. Nous sommes débrouillards, et fiers de cette idée. Parfois un peu trop, peut-être », lance-t-il dans un éclat de rire.

Définitivement, le Mexique aura beaucoup à nous apprendre sur lui au cours de ce Salon...




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