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Salon du Livre : Reflexions sur la littérature française

Clément Solym - 16.03.2008

Edition - Société - réflexions - littérature - française


Ce samedi de 11 h à 12 h avait lieu au « forum » du salon du livre une discussion animée par un journaliste de Télérama, sur ce qu’est « la littérature française aujourd’hui ». Et plus précisément parce que le sujet est quand même vaste si c’est « une création en prise sur le monde ».

Cette idée de débat vient d’un constat, on taxe souvent la littérature française (et les français les premiers) de nombrilisme voire de provincialisme. Si on revient sur les faits qui lui donnent cette mauvaise réputation, on remonte à la vague du roman d’autofiction qui s’est énormément développé jusqu’à présent. Des romans les écrivains se mettent en scènes pour parler d’eux, de ce qui les intéressent et de leurs petites turpitudes, en oubliant complètement le reste du monde.

Or depuis les années 80 selon Dominique Viard, un des invités de ce débat, un certain nombre d’auteurs se tournent vers le monde et regardent un peu ce qui se passe autour d’eux. Dans une société en mutations rapides qui devient de plus en plus urbaine, avec des avancées technologiques qui se font à grande vitesse, il s’agirait de se ré-ancrer (ou ré-encrer pourquoi pas) dans le réel. Le hic, c’est qu’obnubilé par le vacarme de l’autofiction ont a eut tendance à ne pas (ou peu) remarquer ce courant de littérature.

En s’appuyant sur quatre auteurs qui ont cette volonté de parler du réel et de s’en approcher, on nous a en quelque sorte proposé d’aborder ce mouvement et ses modes d’expressions ou d’écritures. Une chose étant certaine, on ne peut plus écrire sur le réel comme avant. Faire du réalisme à la Balzac aurait quelque chose de complètement décalé et nous éloignerait de la réalité telle qu’elle est aujourd’hui.

La méthode de François Bon un des auteurs cités, et qui fait figure de précurseur dans ce domaine avec la publication dès 1982 de « Sortie d’usine », serait d’« extorquer le réel ». C'est-à-dire se mêler à ses contemporains pour essayer de trouver les mots nouveaux pour dire le réel.

Jean Echenoz, le deuxième auteur pris pour exemple, lui, travail plus sur une prise de distance. Il essai de rester critique face à une société de « signes » que l’on ne comprend pas toujours, et qui par là devient violente.

L’exemple d’Annie Ernaux est plus délicat. On pourrait croire qu’elle fait de l’autofiction mais si elle part de son expérience c’est pour tenter de toucher à une certaine forme d’universalité. Elle-même le dit son « je est un nous ».

Enfin, on examine l’écriture de Pascal Guignard, qui pourrait au premier abord paraître inaccessible, trop savante ou trop pédante. S’il va chercher l’étymologie des mots, ce n’est pas pour en mettre plein la vue mais parce que les sens des mots c’est affadi. Il se tourne vers ces archaïsme parce qu’ils sont plus fort, chargés de pulsions et de désirs. Et à partir de là toute la recherche est de savoir comment la société nous permet de les exprimer.

Une chose en dehors de cette volonté de traiter du réel, les réunit se sont tous de grands lecteurs, et leurs lectures se retrouvent dans leurs écrit. Alors travailler sur le réel c’est peut-être aussi s’appuyer sur la mémoire des œuvres lues. Ca serait aussi être attentif aux signes, à la langue que l’on utilise, aux pouvoir des mots et à son évolution, et peut-être bien rester ouvert aux autres disciplines comme la sociologie, l’ethnologie ou la philosophie et toutes les autres. Tout simplement être à l’écoute et ouvert au monde qui nous entoure.


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