Sanctions du libraire Barnes & Noble contre Simon & Schuster

Clément Solym - 27.03.2013

Edition - Librairies - sanctions - commandes de livres - Barnes & Noble


En janvier dernier, le ton avait grimpé dans les aigus entre la chaîne de librairies Barnes & Noble et l'éditeur Simon & Schuster. Estimant n'être pas assez soutenu par la maison d'édition, le libraire estimait qu'il faudrait probablement prendre des sanctions. Et d'assurer qu'en regard des parts de marché gagnées durant la période de Noël, il était impératif de soutenir les éditeurs... qui soutenaient la chaîne de librairie.

 

 

Barnes & Noble - University of Central Florida

keone, (CC BY-SA 2.0)

 

 

Eh bien, le New York Times l'annonce : les sanctions sont tombées. L'impasse commerciale dans laquelle se retrouvent les deux acteurs a abouti à une réduction considérable des commandes passées à l'éditeur. De quoi susciter de lourdes craintes chez les agents et les auteurs, pour qui ce conflit ne peut que nuire à l'industrie du livre, dans son ensemble. 

 

Pour les auteurs, les conséquences financières seront rapidement constatables : les best-sellers n'ont pas grand-chose à craindre, mais les écrivains moins connus sentiront la douloureuse passer. Car outre la baisse des achats de livres par le libraire, on parle également de l'annulation de tournées de promotion, ou encore, de panneaux publicitaires supprimés. 

 

Simon Lipskar, président de la Writers House, agence littéraire de la Big Apple, explique : « Sans pointer quiconque du doigt, les auteurs seront frappés par cette situation, et c'est vraiment détestable. »

 

Surtout que les auteurs éditeurs surveillent avec attention l'initiative du libraire, qui met en exergue le conflit entre B&N et Amazon - avec une nuance, jamais le libraire n'avait utilisé l'argument financier comme un moyen de pression. Amazon, de son côté, ne s'était pas privé, en supprimant les boutons de vente sur les titres des éditions Macmillan, en janvier 2010, suite à d'agressives négociations commerciales. 

 

Aucune des deux parties ne souhaite apporter de commentaires sur le fond du différend, parce que les négociations sont confidentielles, reste que le libraire campe sur sa position. Les éditeurs doivent soutenir son commerce, face au géant de la vente en ligne, et ceux qui ne l'acceptent pas pourraient subir les mêmes foudres. Manifestement, B&N a renégocié les conditions d'achat des livres et au moins un éditeur a accepté les nouvelles conditions. Pour Simon & Schuster, ces conditions sont toutefois trop exigeantes. 

 

Pour l'heure, le libraire n'a toujours pas confirmé que les commandes de livres auprès de S&C avaient diminué, mais depuis fin janvier, on sait que les négociations sont devenues âpres.