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Sans encadrement, les bénévoles quittent les bibliothèques

Cécile Mazin - 15.01.2013

Edition - Bibliothèques - Royaume-Uni - bibliothèques - volontaires


L'idée d'introduire des volontaires en bibliothèque, pour compenser les fermetures de poste, et surtout, assurer encore le service, n'est pas des plus évidentes. Le Royaume-Uni a pourtant choisi cette option, considérant qu'il était préférable d'en appeler à la solidarité de tous, pour faire des économies substantielles, sans pour autant fermer les établissements.

 

 

Datatel Volunteers Organizing Books at CE

Volontaires, mais démunis ?

Fairfax Library Foundation, (CC BY-NC-ND 2.0)

 

 

Si l'on peut s'accommoder de tout, les bénévoles ne sont pas disposés à oeuvrer pour le bien commun dans n'importe quelles conditions. Sans le soutien minimum d'un personnel qualifié, impossible de correctement tenir la barque. Ainsi, Ruth Bond, directrice de la National Federation of Women's Institutes, explique que la situation pour ces bénévoles est loin d'un idéal.

 

En ayant pris le parti de recourir aux bénévoles pour grapiller de l'argent public, les autorités britanniques en ont, semble-t-il, oublié combien ce travail nécessite un certain savoir-faire. Privé d'un encadrement essentiel, les bénévoles ne peuvent pas faire plus que leur propre bonne volonté.

 

L'absence de formation, le manque de compétences juridiques, l'aspect chronophage de ce travail et le fait qu'ils soient de plus en plus sollicités, autant de bonnes raisons qui poussent les bénévoles... vers la sortie. Une étude réalisée par le NFWI a d'ailleurs conforté ce qui n'était alors que des craintes.

 

Les bénévoles sont par trop sollicités par la communauté et manquent d'encadrement. Les responsabilités qui leur sont accordées dépassent de loin leurs possibilités, surtout en regard de ce qu'ils offrent à la communauté. Protéger et préserver les services locaux sont de nobles causes, certes, mais qui ne peuvent pas aller bien loin dans ces conditions, explique-t-elle au Bookseller.

 

« Simplement en supposant que l'esprit communautaire des personnes soit en mesure de combler les lacunes, c'est, au mieux, se voiler la face. Les bénévoles jouent un rôle vital dans la communauté et plus encore dans la gestion de ces services, mais il existe un véritable danger à ce que, sans une approche systématique et plus globale, prenant plus en compte le soutien et l'orientation, les bibliothèques gérées par des bénévoles ne dureront pas », conclut-elle. 

 

Chose qui aura, immanquablement, des répercussions sur le long terme, et provoquera une désertification de ces établissements, alors même qu'il s'agissait d'assurer leur pérennité...