Sans Hollande, pas de Printemps des poètes, Chatel l'avait tué

Clément Solym - 19.10.2012

Edition - Economie - Printemps des poètes - Vincent Peillon - Education nationale


Exclusif :  Le Printemps des poètes, et l'association qui soutient la manifestation, en ont appelé au ministre de l'Éducation nationale, Vincent Peillon. En effet, 60.000 € manquaient à l'appel, soit 40 % de la subvention annuelle, pour que les différentes actions soient menées à bien. Jean-Pierre Siméon avait alors demandé au ministère de revenir sur sa décision, pour le bien de l'association et de sa manifestation. 

 

 

 

 

« Aux ministères, on ne veut pas voir la manifestation disparaître, mais on ne peut rien faire non plus », nous expliquait-on, début octobre. Et dans une lettre, Siméon expliquait : « Le ministère de la Culture, qui maintient son soutien, ne peut compenser ce retrait ; la seule solution est pour nous de récupérer auprès du ministère de l'Éducation nationale la somme qui manque avant la fin 2012. »

 

Un courrier adressé au ministre de l'Education nationale réclamait alors le retour de la subvention, assurant que c'était un couteau mis sous la gorge de l'association. « En agissant ainsi, on empêche le Printemps des poètes de continuer de réaliser ses actions en milieu scolaire, de la maternelle à l'université. Du même coup, on prive les poètes qui mènent ces actions d'un revenu qui constitue un soutien significatif à leur création, et on prive la poésie d'un vecteur de diffusion»

 

Or, l'association vient de recevoir ce 17 octobre, un courrier du chef de cabinet du ministre, Benoît Pichard, dont ActuaLitté a pu prendre connaissance. Pour lui, la faute incombe entièrement au précédent gouvernement, et plus particulièrement à l'ancien ministre. 

 

À notre arrivée au ministère, nous n'avons pu que constater que l'enveloppe destinée à aider les associations non bénéficiaires de convention pluriannuelle d'objectifs était totalement vide, l'ensemble des subventions aux associations pour 2012 ayant été distribué entre le 13 avril et le 4 mai par le cabinet précédent.

Ainsi sans l'alternance du 6 mai dernier et l'élection de François Hollande à la Présidence de la République, l'association n'aurait reçu aucune subvention pour l'année 2012.

 

Le cabinet tient également à saluer « le travail remarquable accompli depuis maintenant des années par ‘Le Printemps des Poètes' ». Pour autant, la situation est inextricable :

 

Dans ce contexte, et malgré les contraintes fortes qui pèsent sur le budget de l'État, le ministère de l'Éducation nationale a mobilisé dans l'urgence des moyens exceptionnels pour permettre aux associations les plus en difficulté de poursuivre malgré tout leurs activités. Grâce à cette enveloppe, nous avons pu aider le "Printemps des Poètes", et faire passer la subvention annuelle 2012 des 0 euro prévus par Luc CHATEL à 100 000 euros

 

Et le ministère d'expliquer qu'il s'agit là « d'une des plus grosses subventions attribuées à ce jour » et mieux encore, « une somme considérable, en période de crise ». Mais on attire aussi l'attention sur le fait que l'association n'est pas seule dans cette situation. Ainsi, le ministère assure avoir « dû aider une centaine d'acteurs majeurs de la communauté éducative », ces derniers ayant été « oubliés » (sic !) par Luc Chatel. 

 

Il n'est cependant pas possible pour le ministère de faire mieux pour l'année 2012. « Néanmoins, des assurances ont été données à Monsieur Jean-Pierre SIMEON quant à notre volonté totale de poursuivre et d'approfondir le partenariat entre le ministère de l'Éducation nationale et le Printemps des poètes, pour les années à venir. »

 

ActuaLitté n'a pas réussi à joindre le ministère, mais nous ne manquerons pas de donner suite à ces intéressantes informations. Les sommes avancées par le ministère ne sont en effet pas tout à fait claires. Il n'en reste donc pas  moins que pour l'année 2013, les questions restent entières. 

 

Les 100.000 € avancés par le ministère ne doivent pas tromper, nous précise le Printemps : « Hélas, il n'en est rien, car l'aide du ministère de l'Éducation nationale promise (et réglée) en 2011 était de 160 000 euros... Celle de 2012 est de 100.000 euros. Il manque donc bien 60 000 pour finir l'année 2012.  En tout cas, pour l'instant. Rien n'est jamais perdu avant une bataille. Comme le rappelait J-P Siméon dans son courrier initial : "Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent" (Victor Hugo). »