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Sarko m'a tuer : la 'bombe' qui terrasse Sarkozy

Clément Solym - 01.09.2011

Edition - Les maisons - Sarkozy - prevost-deprez - tuer


Le livre Sarko m’a tuer n’est très certainement pas un cadeau pour Nicolas Sarkozy à quelques mois des élections présidentielles. Les journalistes du Monde Fabrice Lhomme et Gérard Darvet y ont compilé les témoignages de 27 « victimes » du président, évincées pour l’avoir dérangé dans sa course au pouvoir. Comme si ce n'était pas assez, le livre est une bombe médiatique avec de nouvelles accusations contre lui dans l’affaire Bettencourt.

Crime de lèse-Sarkozy

Ces « maudits de la Sarkozie », selon les auteurs, n’épargnent ni le président ni son entourage, comme Claude Guéant. Patrick Poivre d’Arvor revient sur son licenciement en 2008. Il fut étrangement remplacé par Laurence Ferrari, avec qui Sarkozy aurait eu une relation en 2007, selon plusieurs tabloïds britanniques.

D’autres « maudits » ? L'ancien haut-fonctionnaire Yannick Blanc, évincé brutalement en 2006 pour ses critiques de la politique d'immigration de M. Sarkozy. Alain Genestar, licencié de Paris Match en 2006, quelques mois après la publication de photos de l’ex-femme du président, Cécilia, aux côtés du publicitaire Richard Attias. Genestar avait alors affirmé qu’on lui aurait rapporté que Nicolas Sarkozy avait confié à des proches lors de l'université d'été de l'UMP en 2005 : « C'est fait, j'ai eu la tête de Genestar. ».

D’autres parmi les 27 : l'ancienne ministre du Logement Christine Boutin, le président du conseil général des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian ou encore l'ancien PDG de la Société Générale Daniel Bouton.


Bettencourt, le retour

Dans ce livre, la juge Isabelle Prévost-Desprez affirme qu'un témoin lui aurait confié avoir vu Nicolas Sarkozy recevoir de l’argent de la part de Mme Bettencourt, rumeurs qui circulaient déjà au moment de l’affaire en été 2010.

La juge confie également les pressions qu’elle a elle-même subies. « Il fallait me faire dessaisir, par tous les moyens. Il était impératif de me débarquer » raconte-t-elle.

« J'ai été l'objet de surveillances, c'est une évidence, mais je n'en ai rien à faire, je peux tout assumer dans ma vie, même si ça m'ennuie de savoir que certains utilisent des éléments de ma vie privée pour tenter de m'affaiblir. J'étais persuadée d'être sur écoutes. Des écoutes illégales, à mon avis »
, affirme la juge, selon europe1.


Cependant, ces accusations ne sont pas crédibles selon Hervé Gattegno, rédacteur en chef au Point, . Le procédé de révéler ces informations dans un livre et non dans un rapport ou un jugement est « douteux », et relèverait «d’un cas inouï d’emballement médiatique fondé sur du vent». Enfin en même temps, s'il y a eu pressions sur les témoins...

De plus, le témoignage a été confié à la magistrate hors-procédure et ne figurent sur aucun procès verbal, car le témoin aurait eu peur des représailles du chef de l’Etat. Viol du secret de l’instruction de la part de la juge ? Ce sera à la justice de trancher, dans un contexte politique délicat.