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Sauramps : le PDG fait appel de la décision du tribunal en faveur du Furet du Nord

Nicolas Gary - 29.06.2017

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Un mouvement de grève global de l’ensemble des équipes de Sauramps a été lancé pour ce matin 11h. L’appel émane des salariés, suite à la décision du Tribunal de choisir Le Furet du Nord comme repreneur. Une offre de reprise qui engendre la disparition de la moitié des emplois. Et provoque une montée de colère.

 


 

 

Avec l’offre du Furet, seuls deux établissements de Sauramps sont repris, celui d’Alès et Triangle, en centre-ville de Montpellier. Restent ainsi sur le carreau les salariés d’Odyssée, située dans le centre commercial que gère Klepierre. Selon nos informations, tous les salariés, y compris ceux qui étaient en congés, se retrouveront devant l’établissement – au grand déplaisir du directeur du centre commercial. 

 

C’est qu’un événement inattendu survient : l’actuel PDG, Jean-Marie Sevestre, a décidé de faire appel, assure-t-il à ActuaLitté par téléphone. « Nous sommes en train de préparer les documents avec nos avocats, conformément au droit. Je suis extrêmement déçu par la décision du tribunal, bien entendu, et nous devons convaincre le procureur de nous suivre dans cette démarche. » 

 

L’appel viserait à soutenir plus fortement l’offre de reprise portée par la société Amétis que dirige François Fontès – par laquelle un plus grand nombre d’emplois était préservé. « Évidemment, cela pourrait contrarier les projets de Klépierre, qui se réjouissait de pouvoir récupérer le local de la librairie Odyssée, puisqu’elle ne figurait pas dans l’offre du Furet. »

Le Groupe Amétis se proposait en effet de conserver l’ensemble des sites et 94 des 119 employés, soit près de 80 % des emplois. Le furet du Nord, lui, ne gardait que 57 employés. « C’est 62 postes qui sont supprimés, soit 52 % des effectifs licenciés », rappelaient hier les salariés, dans un communiqué qui appelait à la grève.


« Le professionnalisme reconnu du Furet, qui remporte Sauramps contre l’argent d’Amétis, n’est évidemment pas satisfaisant pour les salariés. Cela dit, dans l’aspect financier de l’offre, on voit bien que la reprise d’Odyssée n’était visiblement qu’un leurre dans le dossier d’Amétis : d’un côté, 25.000 € étaient versés pour Alès et Triangle, contre 1 € pour Mosaïque et Odyssée », note un observateur. 
 

Un mouvement de colère, de toute manière
 

« On ne peut pas leur en vouloir : la moitié des collègues qui perd son emploi, c’est tout de même douloureux. Même si l’offre du Furet permet de faire disparaître les responsables de la situation actuelle », précise une proche du dossier.



 

Mais cette perspective de grève n’amuse pas tout le monde. « J’espère que le personnel ne va pas voir en lui [Jean-Marie Sevestre] un allié providentiel. Si la décision du tribunal a été prise dans le sens du Furet, il y a de véritables raisons », nous assure une source. « Au moins, l’avenir de Sauramps est remis entre les mains de libraires. Mais la solidarité du PDG avec des salariés qui sont déconsidérés depuis 10 ans, c’est tout de même fort de café. »

Pour l’heure, les salariés du magasin Triangle, par solidarité envers ceux d’Odyssée, sont venus les rejoindre. « Le directeur de l’établissement, Alain Panaget, a décidé d’ouvrir malgré tout, mais les équipes sont parties, le laissant seul en caisse », s’amuse un salarié joint par téléphone.