medias

Sauver la maison de Conan Doyle d'un promoteur immobilier

- 20.07.2010

Edition - Société - maison - conan - doyle


John Gibson en a fait une raison de vivre : sauvegarder la maison où Sir Arthur Conan Doyle a écrit Le chien des Baskerville est devenu une obsession, au point d'y engloutir une partie de sa fortune et de se dresser contre un promoteur immobilier pour qui la bâtisse Undershaw, dans l'Hindhead (comté de Surrey) est un point noir sur ses perspectives.

Montée en 1890, et entièrement supervisée par le romancier, cette maison est intimement liée à l'oeuvre, et fut construite selon les désirs de Conan Doyle. Un cas rare dans le pays, souligne Gibson, qui appuie ses revendications sur les lettres et histoires évoquant la maison. Auteur lui-même de cinq ouvrages sur Conan Doyle, John entend bien ne pas laisser n'importe qui détruire ou construire n'importe quoi autour d'elle.


Une situation délicate pour les autorités locales, et tout particulièrement Jeremy Hunt, secrétaire à la Conservation de la Culture, qui avant son élection s'était farouchement engagé à ce que la maison soit préservée. Mais aujourd'hui, ce serait plutôt silence radio...

Rachetée en 2004 par l'entreprise Fossway, la maison avait finalement été laissée à l'abandon, avec des vitraux héraldiques brisés, des infiltrations et aucune sécurité pour entourer la bicoque. En 2008, le conseil de Waverley avait exigé du propriétaire qu'il effectue les réparations nécessaires. Insuffisant, clamait alors John, pour qui il faut racheter aux frais du contribuable, l'établissement.

Parce que si Fossway a bien l'intention d'effectuer des travaux, c'est pour scinder la maison en trois parties, et repenser entièrement l'intérieur. Le billard de Conan Doyle deviendrait une cuisine, salle à manger et les écuries, un garage. Une véritable hérésie.

Seule alternative, saisir les tribunaux pour que les permis de construire soient annulés, au motif qu'ils ne respectent pas les législations sur l'urbanisme. Mais la procédure est complexe. D'autant plus que malgré sa notoriété, Conan Doyle reste un auteur de polars, et ne jouit pas de la position d'une Jane Austen ou d'un Charles Dickens dans les sphères de la littérature. Chose qui aurait pourtant largement aidé à la réhabilitation de sa maison.

D'autant plus que la période est plutôt à la sinistrose, avec les coupes de budget que l'on connaît, notamment dans le domaine culturel. Faire des économies à tout prix, implique également de ne pas dépenser l'argent pour sauvegarder même un monument du patrimoine littéraire.

Voilà plus de 20 ans, cette même maison avait failli devenir un fast-food et une alliance in-extremis avait permis de préserver l'endroit des griffres... du clown Ronald McDonald...


Crédit photo BBC