Sauver les librairies locales face aux géants de l'ecommerce

Lauren Muyumba - 27.06.2013

Edition - Librairies - Amazon - Keith Smith - The Bookseller


Pour un auteur, faire le choix entre Amazon et un revendeur indépendant, est parfois un dilemme. Dans un monde où les géants de l'ecommerce prennent de plus en plus de place, l'American Booksellers Associattion (ABA) conseille aux lecteurs de penser en premier à faire leurs achats dans les librairies locales pour leur survie et leur prosperité. La voix d'un libraire britannique s'est élevée pour dénoncer la publicité pour Amazon faite gratuitement par les auteurs eux-mêmes. 

 

 


 

 

L'ABA rappelle le rôle crucial des petites librairies au niveau de l'économie locale, et la place importante qu'elles tiennent dans le secteur de l'édition. Du moins, l'association encourage à ce qu'elles restent au coeur de l'industrie du livre.

 

Au Royaume-Uni, l'enjeu consistant à renforcer les liens entre les auteurs, les éditeurs et les revendeurs indépendants, est aussi d'actualité. Plusieurs professionnels du livre ont exprimé leur avis dans une interview avec The Bookseller . Ils racontent être en train de changer leurs sites internet pour les relier à des revendeurs indépendants.

 

Leur annonce arrive après des critiques adressées à leur égard : Keith Smith, cofondateur avec sa femme des librairies britanniques Warwick & Kenilworth, n'a pas hésité à citer des noms, pointant du doigt ceux qui font apparaître des liens sur leur site menant directement à une page d'Amazon ou d'autres grandes chaînes de distribution.

 

Keith Smith demande à ce que les paroles concordent avec les actes. Ils reprochent aux auteurs de supporter Amazon, W.H Smith ou Waterstones tout en se fichant des librairies indépendantes. «La plupart de ces auteurs, quand on les interroge, vont dire qu'ils ne peuvent imaginer vivre sans leur boutique locale. Mais les mots doivent correspondre avec leurs actes s'ils veulent marquer une différence».

 

La réponse d'Alison Weir, auteure britannique de livres historiques, ne s'est pas fait attendre  : « Le secteur de l'édition, comme vous devez le savoir, connaît des temps difficiles et tous les auteurs et éditeurs veulent maximiser les ventes. Quand j'ai créé mon site internet, mon webmaster m'a dit que je pouvais avoir un lien avec Amazon, donc je lui ai dit de le faire. » Elle continue à se défendre en affirmant qu' «être reliée à Amazon ne signifie pas que je ne supporte pas les indépendants».

 

En France, le même débat a lieu en ce moment : la ministre de la Culture Aurélie Filipetti a d'ailleurs mis en garde sur les risques qu'Amazon fait courir sur toute la chaîne du livre, tout en précisant que « c'est un problème qui n'est pas français ». La réduction de 5 % et la gratuité des frais de port sont remis en question, faute de concurrence déloyale, et de perte d'argent.