Sauveur des librairies britanniques, My Independent Bookshop n'a pas résisté

Cécile Mazin - 15.12.2015

Edition - Librairies - librairie indépendante - vente livres internet - Penguin Random House


Il ne reste plus qu’une poignée de jours avant que la fermeture du store ne soit définitive. My Independent Bookshop, initiative portée par le groupe Penguin Random House, va cesser son activité en ligne. Dans un petit message, la librairie indique qu’en dépit de la communauté, les étagères virtuelles n’ont pas rapporté ce qui était escompté...

 

 

 

L’idée ne manquait pas d’originalité : chaque utilisateur disposait de son propre espace, où il stockait ses livres, publiait ses commentaires. Chacun était alors amené à discuter librement, échanger sur ses goûts et préférences... bref, comme dans une librairie, mais dans la vie numérique. L’objectif affiché du groupe éditorial était de venir en aide aux librairies britanniques, en offrant des solutions de commercialisation nouvelles. 

 

Manque de chance : entre mai 2014 et décembre 2015, la mayonnaise n’a pas pris. 

 

Le site prélevait une commission de 5 % sur chaque vente, et de 8 % quand les ventes étaient numériques. « Les données qui découlent de l’utilisation du site sont très précieuses. Nous pouvons observer quelles sont les tendances, quels livres sont populaires et quelles catégories de personnes sont actives », assurait l’éditeur Dan Franklin. 

 

Sauf que rien n’y aura fait. My Independent Bookshop, qui avait également pour mission moins avouée de recueillir des données sur les comportements d’internautes, fermera le 21 décembre. 

 

« Nous avons reçu une quantité incroyable de soutien de tous ceux avec qui nous avons travaillé, dans des librairies indépendantes, avec les auteurs, les éditeurs et bien entendu avec vous », explique le site dans une lettre d’information dédiée à cette fin d’aventure. « Ensemble vous avez fait de la communauté de My Independent Bookshop un endroit dynamique pour exposer vos coups de cœur littéraires et discuter des livres, ce qui signifie quelque chose pour nous. »

 

 

 

Le reste est dans la même veine, et sans grand intérêt : aucune précision sur les raisons de cette fermeture – sinon la conclusion qui s’impose, les librairies britanniques n’ont pas adhéré à cet outil, pour tous les motifs possibles et imaginables. La stratégie originale mise en place n’a dans tous les cas pas opéré aussi bien que prévu.

 

Le tout était accompagné d’une dimension sociale, comme un réseau de connexion entre libraires et lecteurs, en ligne. En partenariat avec la boutique en ligne Hive, la plateforme devait permettre à ses usagers d’acquérir les titres qu’ils découvriront par le biais de ce nouveau réseau. De multiples auteurs avaient accompagné le lancement, avec l’espoir de toucher un plus large public.

 

Penguin Random House a également adopté une stratégie de repli vers ses propres outils numériques : son site américain tend à devenir une plateforme globale, totale, où tout se retrouve, de la vente aux conseils de lecture.

 

Amanda Fermer, en charge de la stratégie numérique, avait brandi sa casquette de responsable marketing début septembre : « Notre objectif est de fournir aux lecteurs les meilleures recommandations de livres que nous puissions partager. Nous considérons possible d‘accomplir cela en combinant une liste sur mesure préparée, de l’automatisation, et la personnalisation. Nous prenons très au sérieux la vie privée de nos lecteurs, et avons construit des programmes qui vont dans ce sens. »

 

Et bien entendu tout cela passait par le site de la société. Probablement applique-t-on la même méthode à la filiale britannique ?

 

À compter du 21 décembre, donc, le site va migrer vers le site Penguin.co.uk, pour être définitivement intégré en 2016. Toutes les informations cumulées sur MIB seront alors de nouveau disponibles.