“Sauvons nos libraires” : un collectif d'auteurs au secours des commerces

Clément Solym - 04.11.2020

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Agnès Abécassis, Barbara Abel, Olivier Bal, Nicolas Beuglet, Mireille Calmel, Maxime Chattam, Tatiana de Rosnay, Virginie Grimaldi, Nicolas Lebel, Marc Lévy, Henri Loevenbruck, Mathias Malzieu, Ian Manook, Bernard Minier, Guillaume Musso, Olivier Norek, Niko Tackian, Franck Thilliez et Bernard Werber. N'en jetez plus ! Ils sont une vingtaine d'auteurs, résolument mobilisés pour aider et soutenir les librairies. Et rien ne les en détournera.

Librairie La Manoeuvre - Paris Xie
 

Monté en octobre 2020, le collectif mobilise la crème de la crème, avec une intention : « Participer au soutien des librairies dans notre pays, suite à la crise sanitaire de l’année 2020. » Et toutes les bonnes âmes y seront reçues avec plaisir. 

L’intention est simple : en remettre une couche, en attendant de savoir à quelle sauce seront mangées les librairies lors du point d’étape Covid du gouvernement. Et donc, de promouvoir le click and collect

Le Syndicat de la librairie française est d’ailleurs revenu sur le sujet. D’autant que les autres circuits de vente de livres ont été privés de commercialisation par décision du gouvernement. Une décision regrettable puisque « que l’achat en ligne, dominé par Amazon, reste ainsi la seule alternative ». 

Même si ce modèle de click and collect existe, depuis les sites internet de librairies, « il ne s’agit que d’un palliatif qui ne peut remplacer leur vrai métier », note le SLF.

« Pour cela, nous appelons les lecteurs à faire le choix des sites des libraires indépendants. Dans cette période difficile, c’est un geste de solidarité important qui ne coûte pas plus cher, le prix des livres étant le même partout, et qui offre au moins autant de garanties de service. »



 
Le collectif Sauvons nos librairies reprend donc avec un mot d’ordre unique « préserver cet acteur si essentiel de notre vie culturelle et économique ». Sur le site, on retrouve dès lors une carte des librairies apportant un service de retrait, et une présentation, quotidienne, des établissements à soutenir. Une dizaine d’établissements a déjà fait l’objet de chroniques, rédigées par les auteurs eux même.

Et bien entendu, toute personne qui souhaiterait contribuer à élargir ce panorama peut prendre contact avec les auteurs, ici bénévoles, pour alimenter la cause.



 
Le collectif explique par ailleurs refuser volontairement de prendre position sur la réouverture des librairies. Il « se garde bien de juger ceux qui, en toute légitimité, entendent protéger leur personnel en cette période si compliquée ». Ce qui n’empêche aucun des membres d’avoir sa petite idée sur le sujet : l’assouplissement concerté représenterait certainement la meilleure des solutions.
 
Raison pour laquelle ce modèle de click and collect doit être promu : avec près de 3200 librairies sur le territoire, il y a certainement de quoi faire. 

crédit photo : Librairie La manoeuvre, (Paris XIe) - ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires
Je vous soutiens à fond !

Pourquoi empêcher les gens de s'instruire, se distraire, s'évader surtout pendant une période de confinement ! Lire c'est la vie !!!
Et à côté des «actifs modérés» comme ce collectif Sauvons nos librairies, il y a toute cette immense fronde en faveur de la réouverture pure et simple des librairies, en oubliant ou en marginalisant ce palliatif de «click and collect» fortement menacé par l'ogre Amazon qui peut compter sur des foules de consommateurs peu conscientisés et qui choisissent la solution de facilité.

Mais gare aux défaillances postales de plus en plus fréquentes à mesure que grossit démesurément la circulation titanesque des colis !

Voilà un talon d'Achille possible dans la botte du tyran totalitaire Amazon...

Les plaintes pour colis non reçus ressemblent souvent à une bouteille à la mer...



Je mentionnerai diverses initiatives en laissant tout le monde juge de la meilleure attitude à adopter pour cette problématique épineuse.

Il y a cette pétition sur change.org: «Monsieur le Président, faisons le choix de la culture en ouvrant les librairies !»

Il y a la lettre à Macron écrite par Philippe Claudel, membre de l'Académie Goncourt,parue dans «Le Monde» du 30 octobre.

Et signée par pas moins de 250 personnalités du monde de la culture,y compris de nombreux grands auteurs.

Et une tribune du même Claudel invitant carrément les libraires à désobéir, et publiée dans «Livres Hebdo» du 2 novembre.

Claudel fera don «aux libraires» des droits de son dernier ouvrage «Fantaisie allemande», a annoncé à l'AFP son éditeur,Stock.

Des foules de grands noms se manifestent en faveur de la réouverture de nos chers lieux de vente qui nous élèvent, sans qu'il soit question du «click and collect».

Et des dessins pour la cause circulent, pas par les premiers gribouilleurs venus...

Catherine Meurisse, Riad Sattouf, Joann Sfar.

Eh bien à vous de vous faire une opinion, en pesant le pour et le contre !

CHRISTIAN NAUWELAERS
"Sans liberté de penser, on est moins que rien du tout" ( Bob Dylan )....Et pour penser

il faut se documenter, il faut lire , surtout

des livres....Donc , pour se les procurer,

des librairies OUVERTES.
Pourquoi cette mesure pendant le confinement ?
Bonjour voici un billet d'humeur posté sur ma page facebook.

https://www.facebook.com/COMPTOIRDUREVE/posts/1432979040241876

L'enjeu est plus grand que le sauvetage des librairies, c'est la vie de nos centres-villes et de milliers d'artisans qui est en jeu:



Qu’est ce qu’un commerce essentiel ? Faut-il rouvrir les « non-essentiels »?

Libraire, je m’insurge quand on me dit que je ne suis pas « essentiel ». Je me sens insulté, méprisé, inutile. Je me rebelle, je me défends, j’essaie de faire valoir mes droits, de prouver ma valeur…..Il en va de ma survie, de mon image et de mon utilité dans ce monde.

Vision nombriliste du problème, les coiffeurs, les chausseurs, les disquaires, les bijoutiers, les détaillants de prêt à porter, les marchands de jouets et de jeux vidéo, etc.… et j’en oublie ….le sont aussi.

Qu’est ce qui peut bien conduire à les rendre essentiels à mes yeux?

Ces commerçants du centre ville sont mes amis, de simples contacts, des humains que je côtoie et avec qui j’ai des interactions sociales. Des gens généralement sympathiques qui me donnent des « hé bonjour ! Comment ça va ? » et des « avé plaisir ! » . Ils occupent l’espace du centre ville avec leurs commerces de proximité. Ils créent du lien social. Besoin d’un service, d’un renseignement, de trouver son chemin ? Ce petit commerçant vous renseigne souvent gentiment.

Aujourd’hui, vous êtes confinés et ils sont fermés.

Ils se battent depuis longtemps pour leur survie. Arrivée des grandes surfaces, concurrence d’internet, augmentation des charges sociales et des taxes, parkings payants, travaux, mouvements sociaux, forte augmentation des loyers…. beaucoup font face aux difficultés et tant d’autres baissent le rideau définitivement.

Le monde évolue, certes, mais la réforme de la loi Galland en 2006 permettant à la grande distribution de vendre à prix coûtant en retranchant les marges arrières a définitivement coulé beaucoup de petits commerçants et même des gros ! (plus de revendeurs de jeux vidéo indépendants en France ou presque dans les années qui ont suivies) La chaine Micromania est aujourd’hui menacée de fermeture, concurrence trop forte et pas de rayons alimentaires pour se rattraper face à la vente sans marge.( 450 magasins-1500 emplois).

Le secteur du jeu vidéo sera bientôt définitivement et totalement numérisé, téléchargement et vente en ligne uniquement pour les softwares (jeux).

Il en était autrement quand les petits étaient protégés des gros. A court terme, la baisse des prix est vertueuse pour le pouvoir d’achat mais tueuse à long terme : disparition du réseau de distribution spécialisé (comme pour les disquaires et bien d’autres)

La fermeture pendant le 1er confinement a durablement fragilisé les commerces non-alimentaires des centres-villes, ce nouveau confinement va en achever plus d’un.

La faute à notre soi-disant retard numérique ?

On m’a récemment traité d’amish, de dinosaure refusant la 5G, d’être archaïque…

On me reproche de ne pas savoir m’adapter aux techniques de vente « moderne » par internet. On m’incite à me digitaliser, à me moderniser.

STOOOOOOOOOOOPPPPPP !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Je suis un commerçant indépendant et mon cœur de métier c’est le commerce de proximité en centre-ville. Ce que j’aime, c’est les interactions sociales.

Mes valeurs ajoutées, c’est le conseil, le choix, les mises en avant, la proximité et la disponibilité immédiate des produits (En cas de rupture, on le commande si ça peut rendre service)

En tant que libraire, grâce au tarif unique du livre, je suis protégé de la concurrence basée uniquement sur le prix. Les ventes de livres représentent tout de même 20% sur internet, 45% en grande distribution (fnac, leclerc, carrefour, cultura, etc…) et 35% du marché pour 3300 librairies indépendantes.

Nous n’avons pas vocation à devenir les petits e-commerçants de demain. C’est un non sens économique, une erreur de casting. Nous comptons plutôt sur le sens des responsabilités de nos clients. Ils sont des consom’acteurs ( surtout à tarif égal, plus d'excuses).

Les commerçants ont une fonction sociale importante. Imaginez un centre ville sans vos indépendants….plus de « petits » commerces, uniquement des commerces de première nécessité, des banques, des bureaux, des agences immobilières et une multitude de commerces fermés sans repreneurs.

Ce constat, vous le faites déjà dans les villes petites et moyennes où trop d’hypermarchés ont pu s'installer en périphérie.

La traditionnelle balade du samedi ou le petit tour après le travail sont-ils digitalisables ?

Je ne le pense sincèrement pas. Voilà pourquoi nous sommes tous essentiels.

Nous ne courrons pas après les chimères des lendemains numériques heureux. Nous ne sommes pas des attardés inadaptés au 21éme siècle.

La réalité, c’est que notre métier contient cette chose essentielle que l’on appelle le lien social.

Les interactions sociales sont indispensables et les commerces de proximité font partie de l’identité des villes mais aussi de l’identité des clients (c’est mon magasin préféré !, viens voir, j’ai trouvé des supers trucs dans ce magasin……etc….)

Vous vivez actuellement des achats non socialisés et le contact humain vous manque.

La fermeture des commerces dit « non essentiels » va être lourde de conséquence. Le paysage des centres-villes va changer et son attractivité aussi. Beaucoup ne vont pas rouvrir.

Nous sommes des citoyens responsables et nous comprenons parfaitement les enjeux de la crise sanitaire. Le respect des gestes barrières, la protection des clients et du personnel sont des priorités évidentes pour limiter la transmission du virus et protéger nos proches.

Il me semble que les petits commerçants ne méritent pas de mourir à cause de la COVID-19 alors qu’ils ne sont pas des clusters.

La création d’un site web marchand ne va pas les sauver.

Laissez nous vous le prouver, ne tuez pas les commerces de centre ville qui sont tous essentiels !
De tout coeur avec vous, monsieur qui tenez le Comptoir du Rêve toulousain.

Un cybermonde intégral -sans nier la nécessité évidente du numérique -c'est non un rêve mais un cauchemar...

Si Henry Miller dénonça ce qui était selon lui un «cauchemar climatisé» en 1954, soit au coeur de ces Trente Glorieuses qui en font rêver tant aujourd'hui, prenons garde à ne pas être happés et ensevelis dans un «cauchemar numérisé» ennemi de l'humain lorsqu'il s'étend de façon totalitaire et au mépris des conséquences psychologiques voire sanitaires.

Prenons la 5G...tiens dans ce cas, on ne peut vraiment pas parler de «dictature sanitaire» mais de «dictature économique»: ici on fait passer l'humain loin derrière les intérêts économiques !

On signe un dangereux chèque en blanc sur l'avenir et la santé de nos populations tout en nous culpabilisant pour notre manque de discipline quant à la crise sans fin du ou de la -au choix -Covid-19...

Sainte Hypocrisie, tes disciples décisionnaires te vénèrent sans trêve !

Y compris par rapport à ces grandes surfaces à petite éthique qui restent ouvertes, en étant beaucoup plus susceptibles que les petits commerçants de générer des foyers d'infection...

CHRISTIAN NAUWELAERS
Merci à tous les auteurs de défendre la librairie , je suis devenu mal voyant ,donc je continue à vous écouter sur livres audio .
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