Scandale dans le football italien : l'auteur de livres conseille leur achat

Clément Solym - 16.02.2015

Edition - International - football Italie - Carlo Tavecchio - achat livres


Rien de tel pour assurer le succès d'un livre que d'en faire acheter plusieurs milliers d'exemplaires. Le président de la Fédération italienne de football, Carlo Tavecchio l'a bien compris. Ses deux ouvrages parus chez Moruzzi Group ont connu un enthousiasme soudain... après que 60.000 exemplaires ont été achetés par ses – presque – bons soins.

 

 Tavecchio, contatta Conte per la panchina azzurra

Nazionale Calcio, CC BY 2.0

 

 

Ti racconto il… calcio, paru en 2012 et La grande favola azzurra… il pallone racconta, paru en 2014, ont fait l'objet d'achats massifs à respectivement 40.000 et 20.000 exemplaires. Et ces achats ont été effectués sur les recommandations du président de la FIGC (Federazione Italiana Giuoco Calcio). 

 

Le scandale a rapidement explosé en Italie, alors qu'officiellement, ces livres ont été offerts comme cadeaux aux jeunes membres de la Lega Nazionale Dilettanti – qui avait donc 40.000 nouveaux inscrits à combler – puis par la FIGC. Or, Tavecchio est bel et bien à la tête des deux organisations. 

 

Dans l'affaire, Tavecchio est gagnant sur tous les tableaux : il est rémunéré pour l'écriture, encaisse les droits d'auteurs, mais parvient également à conseiller d'acheter ses ouvrages, en se servant d'argent public. C'est que la FGIC fonctionne en effet avec des aides de l'État italien. 

 

Or, la loi de 1935 empêcherait logiquement ce type de conflit d'intérêts manifeste. La FGIC a tenté de dédouaner le président, comme étant des actions à but non lucratif. L'achat de ces titres n'aurait d'autre vocation que de promouvoir le football en Italie. « Le Comité ne voit pas de conflit d'intérêt ni d'anomalie, dans le fait que le président Tavecchio soit l'auteur des parutions », explique-t-on. (via La Repubblica)

 

D'ailleurs, il ne percevrait pas de rémunération sur les livres, et ces achats entreraient dans le cadre du message de valorisation de cette activité – ce qui entre dans les fonctions de son ministère. Sauf que c'est bien l'éditeur qui encaisse les ventes, et que, de ce point de vue, on ignore ce qui est fait de l'argent. 

 

En Italie, et dans le milieu footballistique, cette histoire fait également rejaillir que l'élection de Tavecchio à la présidence de la Fédération s'était faite dans de discutables circonstances. Et notamment avec l'intervention de Claudio Lotito, entrepreneur romain, et président de la Lazio, le club de foot de la capitale.