Se débarrasser de la bibliothèque de toute une vie ? Difficile...

Clément Solym - 25.07.2011

Edition - Société - kenealy - australie - bibliothèque


Il est l'un des auteurs australiens les plus connus et les plus célèbres. Et il a l'une des bibliothèques les plus importantes du pays. Mais se pose un problème : comment se séparer au moins un peu de ces oeuvres ? Réponse : en faisant appel à un Crésus australien...

Tom Keneally a 75 ans, et par précaution, autant que délicatesse, il décide de ne pas prendre le risque de mourir en laissant à ses filles le soin de s'occuper d'une immense bibliothèque. Il se retrousse les manches, et se gratte la tête : 2500 livres, et pas des moindres... Qu'en faire ?

Frank Lowy, un des grands mécènes des arts et de la culture du pays lui offre une solution : les offrir à des écoles, comme la Sydney Mechanics' School of Arts. Et voilà que le mois prochain sera inaugurée une bibliothèque réalisée par les bons soins de Tom.

Cette institution fut ouverte en 1833, avec l'intention de promouvoir l'apprentissage dans les classes ouvrières.

Et Tom, bon pied, bon oeil, regarde avec envie ces livres qui partent à direction de l'école. Selon lui, il y a, et y aura encore, une place pour les livres papiers, et les jeunes auteurs qui veulent publier leur ouvrage traditionnellement. « Vous ne pouvez pas avoir un livre numérique, et dire 'C'est mon livre', que ce soit honteux, ou par vanité. »

Le premier roman de Tom, paru en 1963, The Place at Whitton, lui a sauvé la vie, explique-t-il : « Je pense que si ce livre n'avait pas été publié, j'aurais pu devenir un patient pour psychiatre ou un clochard alcoolique à temps complet. »

Et en dépit du succès rencontré, Keneally a connu une carrière de romancier assez difficile, avec des hauts et de grandes lames de fond. Tom est surtout connu pour son livre La liste de Schindler, qui donna l'inspiration nécessaire à Steven Spielberg pour la réalisation du film éponyme.

Tom reste cependant un bon vivant qui aime plaisanter et éclate souvent d'un bon rire, sur de nombreux sujets. Sauf la politique. Ça, faut pas le chauffer...