"Se donner les moyens de l'exception culturelle", Madame Filippetti

Nicolas Gary - 25.09.2013

Edition - Société - industrie du livre - librairies indépendantes - petite édition


L'actuelle conseillère de Paris, secrétaire nationale du Parti de gauche et élue du XXe, Danielle Simonnet, vient d'apostropher la ministre de la Culture, pour lui rappeler quelques évidences. C'est que, pour la candidate à l'élection municipale parisienne, l'industrie du livre traverse une douloureuse passe, et Danielle Simonnet en souligne quelques vigoureux exemples.

 

 

Danielle Simonnet aux côtés de Jean-Luc Mélenchon

 

 

Si l'on parle de concentration pour les vendeurs en ligne, qu'en est-il de ce que l'on observe au sein des groupes d'édition et de diffusion ? Affaiblissant « considérablement la petite ét moyenne édition dans les négociations avec les diffuseurs, les distributeurs », ce phénomène n'est pas sans conséquence pour les maisons, face aux grands groupes. 

 

De même, pour la librairie indépendante, qui « se trouvent dans une précarité générale inquiétante », note l'élue. Des malaises « reliés au déséquilibre politique général, dont l'origine est un court-termisme maladif », autant qu'une austérité qui frappe l'Europe, et ses budgets, tout particulièrement dans le monde de la culture, ajoute-t-elle. 

 

Danielle Simonnet encourage la ministre à démontrer un « engagement fort inter-gouvernemental », tout en parvenant à redonner un peu d'oxygène à l'ensemble de la chaîne du livre. Cette dernière, pour le cas français, souffre de ce que les groupes financiers, comme Planeta (Espagne), propriétaire d'Editis, ou Hachette Livre, n'envisagent pas « de création acceptable hors courbes de productivité et de rentabilité »

 

L'Association de Défense des Métiers du Livre a présenté quatre mesures, rappelle l'élue, dans son Plan livre.

 

1. Facturation des frais de port pour les sites de vente en ligne, 

2. Priorité accordée aux libraires indépendants pour l'attribution de marchés publics,

3. Soutien à la création d'un comptoir national de l'édition et de la librairie indépendante

4. Respect des mécanismes de la loi Lang, dérogatoires aux seuls effets du marché

 

Si sur ces différentes mesures, on sait que le travail du ministère, et des parlementaires, avance, toutes, note l'élue du XXe ont de quoi « rassurer, conforter et renforcer les librairies indépendantes ». Car c'est toute la chaîne du livre qui doit être aujourd'hui rééquilibrée, les enseignes pas plus que les commerces géants n'assurant l'investissement nécessaire en matière d'écrit et de culture - autant que la librairie peut le faire. 

 

Que la ministre prête donc un peu d'attention au Plan livre de l'ADML, au moins autant que le Parti de gauche entend lui en consacrer, avec de nombreux professionnels et responsables politiques. 

 

Quant au sort des bibliothèques, et leur devenir, il souffre de ce qu' « aucun investissement fort de l'État n'est venu les conforter depuis des années. Les personnels constatent, jour après jour, les manques de moyens et d'autonomie ». Dans ce contexte, comment ne pas craindre, en plus du délaissement dont les établissements sont victimes, que l'on n'assiste pas à une désertion progressive ? 

 

« L'avenir des professions du livre doit redevenir un dossier prioritaire si l'on veut qu'une création éditoriale plurielle soit valorisée et mise à la disposition d'un public large et intéressé. Une dynamique d'appropriation des livres par les lectrices et lecteurs passe par un traitement global, transversal, de l'instabilité et de la précarité de la chaîne du livre », conclut Danielle Simonnet.