Seamus Heaney : les derniers mots à sa femme, dans un SMS en latin

Cécile Mazin - 03.09.2013

Edition - International - Seamus Heaney - latin - femme


Le décès du prix Nobel irlandais Seamus Healey n'en finit pas d'agiter la presse. C'est également l'occasion de relire pour beaucoup son premier ouvrage, Death of a Naturalist. Plus qu'une philosophie de vie, cet ouvrage paru en 1966 présente l'existence d'un homme vivant alors en Angleterre. Il s'y exprime la bonté, la douceur, avec la voix d'un poète authentique, à travers un texte qui allait durer. 

 

 

Seamus Heaney speaking at the launch of Library Ireland Week 2010

Seamus Heaney

Library Association of Ireland, CC BY 2.0

 

 

Lors de son enterrement, qui s'est déroulé lundi, un de ses fils a confié à l'AP que les derniers mots de son père furent adressés en latin, à sa mère : Noli Temere, ne crains rien. « Ses derniers mots, envoyés dans un SMS, il les écrivit à ma mère, quelques minutes avant de mourir, étaient dans son latin bien aimé, et ils disent : ‘Noli Timere' - ne crains rien », explique Michael. 

 

La cérémonie s'est déroulée dans l'église du Sacré-Coeur de Donnybrook, non loin de l'endroit où lui-même vécut. Le révérend, monseigneur Brendan Devlin, en charge du service déclara, en guise d'introduction : « Il pouvait parler au roi de Suède, à un professeur d'Oxford ou un voisin du Sud de Derry [cité d'Irlande du Nord, NdR] avec la franchise d'une humanité totale et partagée. »

 

Une vie tout entière guidée par un naturel et une spontanéité saluée de tous. En recevant son prix Nobel, l'Académie avait salué « des oeuvres d'une beauté lyrique et d'une profondeur éthique qui exaltent les miracles quotidiens et un passé vivant ». La messe s'est achevée par la lecture de l'un de ses poèmes.

 

En 1996, Seamus avait été fait Commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres par le ministre de la Culture, Philippe Douste-Blazy.

 

via Guardian