“Sécuriser l'activité des auteurs du Québec” : l'UNEQ en ordre de marche

Nicolas Gary - 26.06.2018

Edition - International - UNEQ écrivains Québec - Laurent Dubois UNEQ - plan stratégique UNEQ


Le plan d’action pour la culture du Québec mi-juin, après des mois d’attente, a finalement ouvert des perspectives inattendues. L’Union des Ecrivaines et Ecrivains du Québec y voit l’opportunité de reprendre des négociations avec les éditeurs, mais également de redynamiser son action, autant que son organisation. 

 

Laurent Dubois, actuel directeur de l’UNEQ, revient avec nous sur le Plan stratégique 2018-2022 dévoilé récemment.



 

 

« Rien n’est encore arrêté définitivement dans les choix que nous allons opérer : ce plan doit s’établir sur quatre années, et présente notre vision de même que nos ambitions », indique le directeur de l'UNEQ à ActuaLitté. En somme, le chemin est tracé, ne reste qu’à le parcourir. 

 

Le plan en soi s’articule autour de quatre notions « qui représentent nos valeurs propres : culture, vision, solidarité et audace », poursuit le directeur. 

 

Et pour les articuler, sept objectifs prioritaires sont mis en avant « dont certains concernent directement notre organisation, d’autres l’ensemble du secteur et les relations avec les auteurs. Et plus globalement, le développement d’une culture de la lecture au Québec : nous savons tous que c’est l’un des enjeux majeurs pour nous », relève Laurent Dubois. 
 

Ne plus se contenter de “la bonne volonté”

 

Bien évidemment, on imagine que les échanges avec les éditeurs peuvent représenter une part non négligeable des éléments à discuter. « Il n’y a pas, à ce jour, une liste de points spécifiques que je souhaiterais négocier avec l’ANEL [Association nationale des éditeurs de livres, NdR]. » 

 

En revanche se profile la perspective d’une entente-cadre, « et non d’un contrat type, ce qui serait un non-sens pour un milieu qui ne s’y prête pas ». Cette approche relève d’un repositionnement de l’UNEQ « en tant qu’organisme central pour les auteurs : nous devons apporter à nos membres la certitude d’une compétence autant qu’agir pour instaurer une sécurité dans leur activité ».

 

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Cette intention passe nécessairement par une professionnalisation du secteur, dans son ensemble. « Le gouvernement, à ce titre, doit nous aider : je ne comprends pas pourquoi la littérature serait un domaine culturel différent des autres, et ne garantirait pas aux artistes le droit à une négociation collective », s’interroge le directeur de l’UNEQ. 

 

« À ce jour, nos rencontres avec l’ANEL reposent sur de la bonne volonté, ce qui est un point de départ formidable. Cependant, nous ne pouvons plus nous en contenter. Surtout qu’elle se heurte au fait que nous nous entendons toujours répondre qu’il n’est pas possible pour leur association d’imposer quoi que ce soit à ses membres. Cela trace une injustice profonde pour les auteurs, par rapport à d’autres catégories d’artistes. »

 

Il existe en effet une législation au Québec qui permet que des ententes-cadres soient négociées entre les représentants ou syndicats d’artistes avec leurs homologues producteurs. « La révision envisagée par la ministre des deux lois sur le statut professionnel des artistes nous offre un momentum pour faire avancer le sujet. »

 

Et de souligner : « Il ne s’agit en aucun cas de déclarer la guerre ni faire preuve d’agressivité : pour autant, nos confrères de l’ANEL ne peuvent pas jouer la surprise. C’est notre mandat depuis 40 ans que de défendre les auteurs. »

 

Professionnalisation des auteurs, une priorité
 

Or, si le secteur doit se professionnaliser, les auteurs eux-mêmes doivent avoir des outils pour prendre part à ce changement. « C’est évident : quand on parle d’autopublication, de quoi s’agit-il ? Cela concerne tout aussi bien les éditeurs que les auteurs. Les questions numériques également. La question de savoir ce qu’est un auteur professionnel est cruciale. »

 

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Un enjeu énorme, même, qui fera l’objet d’examens par un comité dédié au sein de l’UNEQ dès cet automne. « Le milieu évolue, les pratiques aussi. Attendu que nous sommes reconnus comme une association professionnelle, le fait d’être membre confère déjà une certaine dimension. Mais la distinction entre la démarche d’écriture professionnelle et celle du loisir implique une réelle réflexion. »

 

Il ne s’agit d’ailleurs pas de résumer les négociations avec les éditeurs, par exemple, à un salaire minimal. « Cela passe sans doute par des questions de minimas, en effet, mais je souhaite avant tout que le milieu soit bien mieux structuré. »

 

Pour exemple, UNEQ et ANEL avait collaboré voilà deux ans à la rédaction de deux documents : un lexique de l’édition et un outil concernant la reddition de comptes, « véritablement fondamental, parce qu’il permet la traçabilité des ventes et donc de la rémunération ». 
 

Une fondation pour oeuvrer à développer la lecture

 

Or, si le premier a une visée informative, le second a des implications plus directes dans la vie des auteurs. « À ce jour, on ne sait pas si l’outil est mis en application : certaines maisons n’ont pas l’informatique qui leur permettrait l’envoi d’un document standard, par exemple. » Dans les semaines à venir, un sondage sera donc réalisé conjointement par l’ANEL et l’UNEQ pour évaluer la bonne application de ce document.

 

De même, sera créée le 11 septembre prochain une fondation, portée dans ses premiers temps par l’UNEQ, Lire pour réussir. Cette dernière aura pour vocation de développer cette fameuse culture de la lecture au sein de la Province.

Elle implique des ressources à trouver encore, et des financements de la part des entreprises privées. « Techniquement, nous visons son autonomie d’ici deux ans. » Un outil qui permettra d’œuvrer sur deux plans : la dimension politique et la représentation publique.

 

Pas de priorités, donc, pour ce plan stratégique, mais l’idée qu’il faudra « tout mener de front : c’est ma vision de la direction générale, ne pas attendre la fin d’un dossier pour en ouvrir un autre. Surtout que les perspectives électorales prochaines vont nous donner des points d’appui ». On pense aux élections générales provinciales d’octobre, ainsi que celles, fédérales, prévues à l’automne 2019.

 

« Dans tous les cas, notre plan vise avant tout à se battre pour la reconnaissance, dans tous les sens du terme, de nos écrivains », conclut Laurent Dubois.

 




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