Ségolène Royal : « Le chômage des jeunes est un drame »

Clément Solym - 02.08.2011

Edition - Société - Royal - éducation - interview


A l’image de ses concurrents au sein du Parti socialiste, Ségolène Royal sillonne la France à la rencontre des citoyens de tous bords. De passage à Toulouse, la candidate a répondu à quelques questions posées par nos confrères du Nouvel Observateur concernant le système éducatif. Face aux 435 500 chômeurs de moins de 25 ans, la socialiste répond que « La lutte contre l’inactivité des jeunes sera une grande cause nationale. »

A entendre Ségolène Royal, on retrouve un peu de tout dans ses idées, aussi bien des lignes de fond du Parti socialiste que des renforcements de politiques mises en place par Nicolas Sarkozy. Pour ce qui est de ses positions très ancrées à gauche, on retrouve la dénonciation du « plus grand plan social de toute l’histoire » qu’est en train de connaître l’Education nationale.

L’éducation est, pour Mme Royal, le pilier de sa politique : « Lorsque j’entends que l’Education nationale coûte trop cher, je réponds : ‘Essayez l’ignorance et vous verrez ce que cela coûte’ », affirme-t-elle pour justifier ses positions. Elle souhaite donc permettre à nouveau au système éducatif français de remplir sa fonction d’ascenseur social tout en bannissant la violence des établissements scolaires.


Elle compte bien généraliser le soutien scolaire gratuit grâce notamment à l’implication des étudiants, cela leur donnerait droit à des bonifications lors de leurs examens. Les élèves seront mieux suivis avec la restauration de l’année de stage au sein de la formation des enseignants.

Quant à la suppression de la carte scolaire, ce n’est pas pour Mme Royal, le principal problème. Ce qu’il faut avant tout, c’est rendre chaque établissement attractif en investissant massivement dans les établissements en difficulté.

Sans remettre totalement en cause la politique de Nicolas Sarkozy, elle souhaiterait aller plus loin quant aux engagements pris en termes d’alternance et de formation par apprentissage. Pour les universités, à ses yeux, l’autonomie est désormais un acquis qu’il faut mettre à profit en faisant les investissements nécessaires pour que chaque fac offre un environnement agréable.

Il faut donc à l’université « plus de libertés, plus de dynamisme. Mais l’autonomie n’est pas la concurrence, qui entraîne la paupérisation de nombreuses universités. Je suis profondément convaincue que nous pouvons donner un prestige nouveau à l’université en France en la rapprochant des grandes écoles et des laboratoires ainsi que des entreprises et en orientant correctement les étudiants. »