Selectric : La machine à écrire qui en a, sans barres à caractères

Julien Helmlinger - 06.01.2015

Edition - International - IBM - Selectric - Machine à écrire


À renfort d'innovation, la machine à écrire Selectric a radicalement transformé le marché, en 1961, optimisant la vitesse, la précision ainsi que la souplesse d'écriture. Il aura fallu 7 ans aux ingénieurs et chercheurs d'IBM, pour que le produit soit fabriqué en série au sein des usines de Lexington, dans le Kentucky, et d'Amsterdam. Mais en 30 jours à peine, les prévisions de vente des six premiers mois de commercialisation étaient dépassées.

 

 

 

 

Les membres de l'équipe, comme le vantait une publicité de la machine diffusée lors de l'année de mise en service, « ont commencé leurs recherches en oubliant ce qui s'était fait dans le domaine des machines à écrire au cours des 50 années précédentes ». Une fois les défis de fabrication relevés, la Selectric allait trôner sur presque tous les bureaux pendant 25 ans.

 

Au cœur de l'innovation de la fameuse machine à écrire, dont l'esthétique distinctive est l'œuvre d'Eliot Noyes, on retrouve notamment une sphère d'impression destinée à remplacer les traditionnelles barres à caractères. Un moyen d'éviter l'enchevêtrement des barres et d'augmenter la productivité des dactylos.

 

 

 


La police d'impression interchangeable, qui allait justifier en partie le nom du modèle, a toutefois été empruntée à la machine à écrire Blickensderfer, un modèle du début du siècle. Elle permettait quant à elle d'utiliser plus d'une police, y compris l'italique, la notation scientifique et d'autres langues.

 

En 1964, y serait ajouté un système à bande magnétique capable d'emmagasiner les caractères, et le modèle MT/ST, fonctionnant en mode analogique, serait considéré comme étant la première machine de traitement de texte commercialisée. Fait moins connu, la Selectric quelque peu modifiée a également servi de premier terminal d'ordinateur pour l'avant-gardiste IBM 360.

 

La Selectric II a pris le relais en 1971, en mettant en avant de nouvelles fonctions, comme la possibilité de changer l'espacement de 10 à 12 caractères, puis en 1973, l'ajout d'un ruban correcteur. Un troisième modèle verrait le jour en 1980 sur le marché avec des fonctionnalités de traitement de texte évoluées et un élément d'impression comportant 96 caractères. 

 

La gamme disparaîtra du marché en 1986, face au boom des ordinateurs et des imprimantes à marguerite.

 

(via IBM)