Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

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Selon une étude, les trilogies en films empirent, celles de livres déchirent

Clément Solym - 18.10.2017

Edition - Société - étude trilogie oeuvres - cinéma films livres - romans adaptation cinéma


Les lecteurs vont bicher, et une fois de plus, s’en retourner aux plaisirs des œuvres originales. D’après une chercheuse qui s’est très très sérieusement penchée sur la question, les trilogies ne réussissent jamais au cinéma. En fait, plus l’on avance, plus la saga devient mauvaise. Au contraire des livres, qui eux se bonifient...

 

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Jakob Breivik Grimstveit, CC BY SA 2.0
 

 

Lire le livre plutôt que de voir le film qui en est inspiré reste toujours la meilleure des options. Certes. Mais pas vraiment pour des questions de sources : en réalité, note Kaylin Walker, les trilogies de films et de livres ne jouent pas dans la même catégorie.

 

À mesure que les studios de production sortent leur grosse artillerie, la qualité devient de plus en plus discutable. Les films perdent en saveur, analyse-t-elle, tandis que, pour les livres, la montée en puissance est toujours plus savoureuse pour le lecteur.

 

Comment est-elle parvenue à cette (pas si) étonnante conclusion ? D’abord, en s’appuyant sur des données chiffrées et quantifiables : les notations de livres qu’elle trouvait chez Goodreads, le réseau social de lecture américain. En cartographiant les notes, elle s’est aperçue que le tome 2 avait systématiquement de meilleures appréciations, que le tome 1, et que la trilogie conservait ce point sur le tome 3. 

 

Et bien entendu, la même procédure a été déroulée avec IMDb, la base de données cinématographique américaine, permettant de juger et mesurer les notes des films...

 

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Ses conclusions tournent alors rapidement à des questions de tiroir-caisse : l’industrie cinématographique serait plus concentrée sur la production de suites, à un rythme très méthodique, avec pour principale perspective de faire tourner la boutique. 

 

A contrario, un auteur signe une série de livres par contrat et planifie ainsi une aventure sur le long terme : l’histoire est achevée par avance et prend une cohérence plus forte encore avec l’ensemble de la trilogie. L’exemple typique donné, est celui de Matrix Revolutions, symptomatique d’une trilogie cinématographique qui vire à l’eau de boudin. On retrouvera d’ailleurs en fin d’article les recensions de notes qu’elle a pu faire. 

 

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« Si vous faites une trilogie, le but est d’amener à ce troisième chapitre, parce que le troisième volet justifie ce qui est arrivé précédemment », assurait Peter Jackson. Parole de cinéaste ?