Serge Eyrolles : Vendre les ebooks plus cher que le livre papier

Clément Solym - 15.06.2009

Edition - Société - Serge - Eyrolles - numérique


C'est évident, le numérique tient particulièrement à coeur du SNE et de son président, Serge Eyrolles. Mais l'homme est également éditeur et libraire, au travers du groupe Eyrolles. Dans un entretien accordé au Nouvel économiste, il explique sa vision du monde, directement : « J'ai toujours eu cette culture du livre pratique. Les livres théoriques me soûlent. J’en ai eu trop dans mon éducation », explique-t-il pour présenter sa maison.

Dématérialiser ? Du pipeau !

Évoquant la numérisation par Google, le grand risque, justement pour des ouvrages pratiques, il insiste sur les piliers de l'économie du livre en France : défendre la librairie et le prix unique du livre. « Mais nous sommes confiants, ce n’est pas pour demain. Le numérique est un vrai dossier, le principal enjeu pour l’avenir du livre. »


Sauf que pour ce qui est de la dématérialisation, ce n'est que du « pipeau », car seuls les constructeurs mènent le combat pour l'heure. « Mais il n’y a pas de norme. Actuellement, le marché du livre numérique, sous toutes ses formes, n’existe pas » précisent nos confrères. Hmm... pas de norme ? Le terme devrait être défini...

Vendre les ebooks plus cher que le papier

Et d'affirmer l'inexistence dudit marché numérique : les amateurs d'ebooks apprécieront. Et ils pourraient tomber des nues avec des déclarations comme suit : « Il faut voir comment les choses se modélisent, car pourquoi vendre un livre numérique moins cher qu’un livre papier ? Pour l’instant, c’est le cas. On les vend moins cher malgré une TVA à 19,6 % sur support numérique et à 5,5 % pour le livre papier. Je pense qu’il faut vendre le livre numérique plus cher ou au même prix. Par conséquent, nous nous battons pour avoir une loi sur le prix unique qui serait étendu au numérique. »

Plus cher, le livre numérique ? C'est le monde à l'envers et l'exacte inverse tendance du marché. Ah, oui, sauf en France, en effet...

LIbrairie, éditeurs, papier...


Quant à la vision de la librairie, on pourrait se poser de sérieuses questions en lisant cela : « Je crois que le métier d’éditeur aujourd’hui consiste à sortir très rapidement les livres. Je ne parle pas de l’actualité qui est toujours sortie assez vite. Donc, en province, votre libraire aura tout au plus 7 000 bouquins, tandis qu’une grosse librairie comme la Fnac propose 150 000 titres. » Décidément...

Pour ce qui est de la maison d'édition Eyrolles, priorité également à la vitesse qui les distingue des grands groupes. « Je veux des devis concrets faits par des praticiens, et non par des pseudo-spécialistes qui vous disent comment être plus heureux, comment maigrir en trois jours ou comment vivre mieux », affirme-t-il. Avec un secret de fabrication hors-norme : être à l'affût, en permanence et lire la presse. Certes... mais surtout : « Enfin, il y a une règle d’or : ne jamais publier les livres qu’on aime. Nous avons un fonds qui se vend régulièrement, ce qui fait notre force : nos livres se vendent pendant des années et des années, avec des tirages moyens de 3 000 exemplaires. Les invendus représentent 17 % des livres publiés. »

Pas de crise chez Eyrolles, faut faire son CV

Et quid de la crise ? Aucun problème chez Eyrolles : au contraire, les gens ont besoin des conseils prodigués dans les livres que sa maison publie, autant que de savoir comment mieux gérer son entreprise. « Notre secteur d’édition économique et de management est florissant grâce à la crise ! Avec le chômage actuel, les gens ont besoin de rédiger leur CV. La gestion d’entreprise, de personnel, l’efficacité professionnelle marchent bien également. Tous ces bouquins n’ont aucun intérêt en période de croissance. Les gens sont paniqués et veulent apprendre à rédiger, à se comporter, ou apprendre tout court. Avec un retour sur soi-même et sur le bien-être. »

Revenant également sur la relation au livre, le célèbre couplet Le bruit et l'odeur, M. Eyrolles n'hésite pas à balayer l'idée qu'un livre numérique puisse avoir une vie. Pour lui, c'est du papier avant toute chose, le reste c'est de la littérature : « Il y a une relation entre le livre et l’individu qu’on ne retrouve avec aucun autre produit culturel. » Et il est primordial de payer : « Le livre gratuit est une “connerie” ».

Et pour ce qui est du pilon, on vous laisse découvrir le morceau plaisant sur le site du Nouvel économiste.



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