Seth Godin partage sa recette pour faire de son livre un best-seller

Julien Helmlinger - 19.12.2014

Edition - International - Best-seller - Marketing - Marché du livre


Sur le site web dédié à l'édition The Domino Project, son fondateur l'entrepreneur et auteur Seth Godin a publié un article décrivant ce qu'il appelle « l'effet best-seller ». Lui-même a publié quelque 18 livres, qui ont été traduitsdans plus de 35 langues, et chacun d'entre-eux a rencontré un véritable succès commercial. Existerait-il une recette du best-seller ?

 

(capture d'écran) 

 

 

Selon Seth Godin, qui a notamment travaillé en tant que responsable marketing direct pour Yahoo, il y aurait non pas un mais deux marchés, que ce soit dans l'industrie du livre comme dans celle de la musique. Il considère en fait le marché en fonction de deux cibles commerciales distinctes.

 

Ainsi, il distingue le marché des « collectionneurs », ceux qui font véritablement vivre le secteur. Une première cible composée d'individus qui visitent les bibliothèques, ont des étagères bien pleines et consomment les oeuvres littéraires ou musicales à foison, peu importe l'offre.

 

Cette cible se trouve opposée à la seconde, celle que composent ceux dont la consommation répond au marché. Il pointe notamment l'Américain moyen qui ne lirait qu'un seul bouquin à l'année. Selon le marketeux, c'est la plupart du temps cette seconde cible qui peut faire d'un livre un best-seller.

 

En somme, il estime que « les best-sellers sont les livres qu'achètent ceux qui n'en achètent jamais », ajoutant que les succès du Da Vinci Code ou des Harry Potter en témoignent.

 

Un effet best-seller qui tend un piège aux auteurs et éditeurs

 

Partant du principe qu'auteurs et éditeurs publient un livre dans l'optique de rencontrer un grand succès commercial, Seth Godin estime que ces professionnels vont alors dépenser du temps et de l'argent : dans les réseaux sociaux, sur la promotion de vitrine, et autres contraintes éditoriales censées répondre aux attentes de ceux qui n'achètent que rarement de livres.

 

Cependant, selon l'analyste, c'est là que se trouverait le piège tendu aux professionnels. Car cette démarche promotionnelle ne serait pas la plus adaptée au mode de consommation de sa cible. Selon Seth Godin, ces consommateurs consommeraient généralement en fonction de leurs prescripteurs habituels, généralement : leurs pairs. 

 

Mais l'auteur à succès pense avoir une bonne piste pour contourner cette difficulté. Celle d'avoir l'obsession de ravir une masse critique de lecteurs de la première cible... en misant sur l'éventualité que ces consommateurs collectionneurs prescrivent ensuite l'ouvrage à l'autre marché.

 

Il en résulte selon Godin un élément clé, pour bien contourner le piège, que constitue la fameuse la masse critique à ravir pour s'assurer de toucher le reste du marché. Une sorte de qurorum que l'on n'évaluerait pas en fonction de l'ensemble des consomateurs, mais plutôt en fonction des registres littéraires, car « il n'y a pas qu'une seule liste de best-sellers mais des centaines ».