"C’est une chose très différente de voir la nudité et de la lire"

Julie Torterolo - 20.07.2015

Edition - International - YALC - London Film et Comic con - Le sexe dans la littérature


À l’heure où le sexe n’a jamais été aussi présent et accessible aux jeunes publics sur internet et la télé, quand est-il pour les livres ? Une problématique largement débattue, hier, à l’occasion de la deuxième édition de la YALC (Young Adult Litérature Convention ou convention pour la littérature jeune adulte). Installés dans la zone littérature du London Film et Comic con, plusieurs auteurs ont pu donner leur point de vue sur la sexualité dans la littérature à destination des « jeunes adultes ». 

 

Participants au débat « Bringing sexy back », Illustration tirée d’un tweet de la YALC

 

 

« Bringing sexy Back ». Un nom des plus évocateur pour la conférence présidée par le romancier et journaliste James Dawson. Les écrivains Non Pratt, auteure de Trouble, Louise O’Neill qui a notamment écrit Only Ever Yours, et enfin, Tom Ellen et Lucy Ivision, tout deux auteurs de Celui qui sera mon homard (Gallimard-jeunesse, 2015) étaient aussi de la partie. 

 

« Je connais le sexe désormais et j’essaie de marier cela avec ce que je voulais savoir à l’époque », explique Non Pratt. Elle précise qu’elle écrit ses scènes de sexe en imaginant ce que la fille de 14 ans qu’elle était aurait souhaité lire et savoir. « Nous sommes de plus en plus désensibilisés au sexe dans les médias visuel, car il y a une énorme facilité d’accès », continue-t-elle. 

 

Tom Ellen préfère quant à lui s’inspirer d’anecdote de ses amis afin de rendre les scènes de sexe le plus réaliste possible. Pour ces auteurs à destination des jeunes adultes, le réalisme dans la description de la sexualité doit en effet être primordial.  

 

Dans cette optique, Louise O’Neill décrit des scènes de sexe désagréables pour concorder avec les premières fois rarement reluisantes. « Le porno est si accessible aujourd’hui que les auteurs de jeune adulte ont le devoir de lutter contre cela », explique James Dawson. Pour lui, la littérature doit être un « antidote » aux scènes de sexe de la pornographie complètement éloignées de la vraie vie. « C’est une chose très différente de voir la nudité que de la lire » décrit-il.  

 

Mais un problème persiste comme le rapporte The bookseller : les parents ne souhaitent pas que leurs enfants lisent des livres emprunts de sexualité. « Chaque jour, un parent se plaint d’un livre et je dois constamment me justifier de ce que je donne à lire aux jeunes filles », dénonce Lucy Ivision, auteure et bibliothécaire dans une école. Pourtant selon elle, « le sexe est un sujet que les jeunes veulent connaître et cela compte vraiment ». 

 

La sexualité doit s’entendre au sens large. Pour les auteurs présents, il est important de parler de toutes les formes de la sexualité dans la littérature, sans tabou ni préjugés. James Dawson préconise alors une plus grande place aux sujets de l’asexualité et des rapports homosexuels, encore très peu développés dans la littérature pour les jeunes adultes. 

 

Un sujet qui a occupé une grande place toute la journée de dimanche, puisque quelques heures après « Briging back sexy », on évoquait dans un autre débat, la présence LGBT dans la littérature des jeunes adultes.


Pour approfondir

Editeur : Gallimard-Jeunesse
Genre : litterature...
Total pages :
Traducteur : julie lopez
ISBN : 9782070661169

Celui qui sera mon homard

de (Auteur) Julie Lopez(Traducteur) Avis des internautes (0) 0 Donner votre avis Auteur : Ellen, Tom; Ivison, Lucy Editeur : Gallimard-Jeunesse Collection : Scripto Date de parution : 12/02/2015 EAN13 : 9782070661169 Genre : LITTERATURE JEUNESSE ROMANS /

Sam et Hannah n'ont plus que l'été pour trouver leur homard, leur(e) partenaire idéal(e), avant d'entrer à la fac.Mais le destin joue contre eux. Quiproquos, maladresses et complexes alimentent leur crainte de rester vierges toute leur vie ! Pourtant, ils pourraient bien être faits l'un pour l'autre...

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