Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Sexisme et misogynie : les auteures jouent des réseaux sociaux

Clément Solym - 18.11.2013

Edition - International - misigynie - sexisme - machisme


Les femmes en ont assez : le monde du livre est machiste, misogyne et méprisant vis-à-vis de ses auteures, qui dénoncent aujourd'hui un sexisme ambiant plus qu'épuisant. Or, ce sont les mêmes arguments qu'elles déploient depuis des années maintenant, sans que rien ne change. Cinq voix tentent de s'élever aujourd'hui.

 

 

Stereotyping of Women - Alive and Well

 

 

Tout a débuté avec la publication de Freedom, de Jonathan Franzen, qui a finalement occupé l'attention de tous les chroniqueurs littéraires, durant l'année 2010/2011. Jennifer Weiner et Jody Picoult, malades de voir que la presse n'en avait finalement que pour ses petits chouchous mâles et blancs, ont décidé de partir de Twitter pour faire état de leur colère. Un mot dièse, #Franzenfreud, et l'opération était partie. 

 

L'expression puise dans un profond ressentiment et une grande frustration de la part des auteurEs, estimant qu'elles sont marginalisées. Mais depuis l'essor des réseaux sociaux, elles peuvent au moins se plaindre. Aucune d'entre elles n'avait cependant envisagé que cette grogne deviendrait un véritable mouvement de contestation. Ce qui partait comme un mouvement de colère, est devenu un mouvement social à part entière. 

 

Pas vraiment une nouveauté, que cette sensation de machisme ambiant, dans l'édition, et le chemin pour parvenir à l'égalité est encore très long assurent-elles. De nombreuses auteures se joignent à la grogne ambiante. Les cinq auteures qui s'affirment aujourd'hui revendiquent une plus grande liberté dans leur métier. « Alors que beaucoup d'entre nous veulent améliorer l'accès et les possibilités pour les femmes écrivaines, nos priorités et les projets passionnants peuvent changer. » 

 

Aujourd'hui, la blogosphère débat fermement sur la question de la place accordée aux femmes dans l'édition, et plus encore, de savoir si les célèbres chroniques publiées dans le New York Times font la part vraiment si belle aux livres d'hommes. Un examen approfondi montre que l'on dénombre bien entre 2008 et 2010, un grand nombre de livres écrits par des hommes, 71 % et pis encore, les femmes critiques littéraires représentent 38 % de l'ensemble des chroniques publiées.