SFL : un protocole d'accord signé entre salariés et direction de la Fnac

Clément Solym - 03.11.2015

Edition - Librairies - SFL Fnac - employés déménagement - négociations salaires


Le groupement des employés de la SFL, filiale de la Fnac, se réjouit : alors qu’un déménagement était prévu par la société mère, il semble que leur mobilisation ait porté ses fruits. Le départ de Seine-Saint-Denis vers Wissous avait révolté les salariés, pour qui cette transformation était trop douloureuse. Et si la Fnac a voulue « cependant passer en force. Bien mal lui en a pris », confirment-ils.

 

Grève à la SFL, filiale de Fnac

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Au cours de 12 journées de grève, « largement suivie par les salariés », même ceux qui n’étaient pas impactés, tous ont su faire « preuve de solidarité », nous assure-t-on. Même la librairie de Rottembourg, sise dans le XIIe arrondissement de Paris s’est jointe autant que possible à leur mouvement de protestation. Ce qui a conduit « au vu de la détermination des salariés, à passer à la table des négociations ». 

 

Un protocole d’accord de fin de grève a été signé voilà trois semaines, réunissant ainsi ne délégation de salariés grévistes et la Direction SFL, la DRH FNAC SA et en présence d’une représentante du service juridique du Groupe FNAC. Mais il a fallu attendre également que les salariés se prononcent sur leur départ. 

 

Pour l’heure, 66 % des salariés ont choisi de ne pas suivre ce déménagement, et certains devraient profiter d’un congé de reclassement. « Nous nous trouvons dans une bien meilleure position désormais », assurent les délégués du personnel : « Près de 75 % de nos revendications, parmi les plus importantes, ont été acceptées. »

 

Que ce soit sur l’accès au licenciement économique, et les avantages qui sont liés, en fonction de l’âge et de l’ancienneté, mais également pour les employés qui suivront. « Tous ont obtenu différents avantages, prime de 2600 € bruts au premier mois, ainsi que 2600 € bruts de mieux l’année suivante, s’ils restent dans l’entreprise. De même, des solutions comme la navette permettant de rallier l’entrepôt de Wissous sera mise en place, ou encore des aides pour leur déménagement personnel si cela doit se faire, ou pour passer le permis de conduire. »

 

Nous l’avions indiqué, même le maire de Seine Saint-Denis, Didier Paillard (communiste) avait apporté son soutien aux salariés déplorant que « Fnac a continué à capter des dividendes sans procéder aux investissements nécessaires pour développer l’activité de sa filiale ». Dans un courrier adressé aux ministres du Travail, Myriam El Khomri, et de la Culture, Fleur Pellerin, ainsi qu’au PDG de Fnac, Alexandre Bompard, il déplorait cette impasse sociale.

 

Le maire avait fait également part de la « perte de proximité », à même d’impacter « la vitalité du réseau des libraires indépendantes, des petits éditeurs et des bibliothèques municipales ». C’est la filière du livre qui serait ainsi menacée.

 

 

 

Restent certaines incertitudes sur le devenir de la société, après janvier 2016. « La FNAC compte-t-elle encore sur la SFL pour le traitement de ses commandes pour ses magasins même, pour Fnac.com dès lors qu’elle s’engage sur des voies d’expansion avec cette offre d’achat de Darty ? », s’interrogent les salariés.

 

Ils sont nombreux à voir dans ces perspectives « un abandon pur et simple du traitement de la petite et moyenne édition. Amazon en tout cas doit se frotter les mains à la vue de ce gaspillage qui va lui laisser une voie royale sur un terrain qu’elle a déjà largement balisé depuis longtemps ».