Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

SFR revend 12 magazines, dont LIRE repris par le propriétaire de Books

Clément Solym - 15.06.2017

Edition - Economie - Patrick Drahi SFR - magazines vente SFR - Chabenat Augier édition


Finalement, seuls deux titres de la presse généraliste conservent les faveurs de Patrick Drahi, grand patron de SFR. Le groupe télécom vient d’annoncer son intention de revendre une douzaine de ses publications spécialisées. Depuis janvier 2017, la banque Morgan Stanley qui avait un mandat pour vendre tout ce qui n'était L'Express et Libération, a donc travaillé minutieusement. 


Texto, SFR
g4ll4is, CC BY SA 2.0

 

Si Alain Weill, patron de SFR Média, assure que la cession « reste limitée en terme d’impact économique », l’enjeu pour la firme est ailleurs. En effet, les différents titres cédés représentaient autour de 20 millions € de chiffre d’affaires pour une trentaine de journalistes.

 

La vente globale des titres « ne se fait pas à un prix très important », poursuit Alain Weill. Seuls Libération et L’Express resteront dans le giron de SFR, avec le groupe 01Net, spécialisé dans l’information, ainsi que Point de Vue, A Nous Paris et My Cuisine

 

Les différents titres revendus sont les suivants :

 

Mieux vivre votre argent 

Studio Ciné Live

Lire

Classica 

Pianiste

La Lettre de l’Expansion

Job Rencontres

Salon du travail

Le pôle décoration (Côté Sud, Côté Paris, Côté Ouest et Côté Est) — que reprendrait François Dieulesaint, actuel directeur général délégué du groupe L’Express.


Pour les titres conservés, la perspective sera le développement des abonnements numériques, encore considéré comme faible. « En menant à bien l’étude de ce projet qu’il avait annoncé en 2016, le groupe entend poursuivre son recentrage sur l’information générale, nationale et internationale, l’actualité, l’analyse et les enquêtes », confirme par ailleurs SFR dans son communiqué.

 

Lire, avec Classica et Pianiste, seraient en revanche repris par Jean-Jacques Augier et Stéphane Chabenat, à travers une société indépendante qu’ils ont montée. Stéphane Chabenat est le fondateur des éditions de l’Opportun, crées en 2009 avec un parcours dans la presse. 
 

« Classica, je l’ai créé en 1998 et revendu à L’Express 2000 », précise-t-il à ActuaLitté. Quant au magazine Lire, il en fut directeur entre 2001 et 2008. Pas de commentaires concernant le rachat en revanche, mais des promesses « de belles, de très belles choses à venir », assure-t-il.
 

De son côté, Jean-Jacques Augier est le propriétaire du magazine Books, dédié au livre, dans une approche internationale. Il fut PDG des éditions Balland durant une dizaine d’années, jusqu’en 2001 – à cette époque sera notamment publiée la traduction du Monologue du Vagin d’Eve Ensler – et administrateur des éditions POL, qui seront revendues cinq ans après à Gallimard.

En janvier 2013, il avait racheté Tétu à Pierre Bergé, pour 1 € symbolique, mais le média fut placé en redressement judiciaire en juin 2015. 
 

Originellement, c’est avant tout Lire qui intéressait les deux hommes, mais le vendeur n’avait pas vraiment l’intention de ne céder qu’une partie de ce qui avait été défini comme le pôle culturel. 

 

« Jean-Jacques Augier a toujours exprimé un intérêt pour l’écrit, l’édition et au-delà – jusque dans la première librairie française qu’il a créée à Pékin », explique un proche du dossier. « Ses préoccupations pour le monde culture et l’écrit sont connues. » 

 

Au moment de la cession du Magazine littéraire, Jean-Jacques Augier aurait même cherché à réaliser une opération de rapprochement avec Books, qui aurait été complétée par la suite par Lire – au moment opportun.