Shakespeare ou Poe, la double réalité de la traduction anglaise

- 29.03.2013

Edition - Société - traduction anglaise - idiome - book fair


La Book Fair de Londres sera l'occasion de rappeler une réalité éditoriale particulière à la sphère anglo-saxonne. La traduction vers l'anglais a toujours eu ses exceptions régionales suivant le côté de l'Atlantique où l'on se place. Mais c'est dans son système économique même que le secteur de la traduction se décline en deux modèles bien distincts.

 

 

 

 

 

La conférence A common language : Literature translation fera intervenir douze traducteurs du Royaume-Uni et des États-Unis pour expliquer qu'en dépit d'un marché mixte, les réalités sociales sont bien différentes. Ainsi, l'Amérique bénéficie d'un dynamisme éditorial incomparable qui profite à lecture et pourrait même profiter aux jeunes professionnels de la traduction venus d'Europe pour se lancer. Néanmoins, deux très nettes différences peuvent freiner les Britanniques.

 

Moins bien payés, les traducteurs sur le marché américain bénéficient moins naturellement de droits d'auteurs et d'un droit moral, pourtant une évidence dans les signatures contractuelles britanniques. Sans être taboues, ces clauses ne sont pas incluses dans les contrats types. Une raison toute simple, les traducteurs natifs des États-Unis sont souvent affiliés à des institutions académiques qui sont autant de sources de revenues supplémentaires.

 

Et contrairement à leurs collègues européens, les Américains ont toutes les peines à se syndiquer. Probable différence culturelle, mais également restrictions des lois antitrust du XXe siècle. Rien ne permet donc de développer des tarifs minimums réglementaires.

 

De l'autre côté de l'Atlantique, les traducteurs de langue britannique font de ce métier leur activité principale pour vivre. La solution optée pourrait être de profiter du dynamisme avantageux du marché US auprès d'un éditeur anglais, mais les temps changent. De moins en moins de traductions anglaises passent la barrière de l'océan pour subir ensuite un lissage linguistique de la part de l'équivalent américain.

 

Aujourd'hui ces échanges se font plus rares, avec une traduction similaire, si ce n'est unique. Et son corollaire, un contrat unique. L'émergence d'un anglais international qui gomme les idiomes locaux britanniques, du vieux Sud ou de Nouvelle-Angleterre renforce un peu plus la chose.