Sharjah Publishing City, une zone de libre échange pour le livre

Cécile Mazin - 06.07.2016

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L‘idée même d’une création de zone de « livre » échange ne manque pas d’intérêt. La Sharjah Publishing City doit être créée à la fin de l’année, structurée par les Émirats Arabes Unis, qui cherchent des solutions pour élargir leur marché. Il s'agit d'une zone franche, développé autour de l'industrie de l'édition. Originellement baptisé Sharjah Book City, le projet est monté en partenariat avec l’International Publishing Association et l’Association des éditeurs des Émirats.

 

Bodour Al Qasimi

 

 

C’est le besoin de dynamiser une vie littéraire dans le monde arabe, mais également de promouvoir l’industrie du livre, et celles qui y sont associées, qui a entraîné cette réflexion. De même, les Émirats semblent soucieux de rester connectés à l’ensemble des mouvements internationaux. Et puis, comme toujours, on cherche le moyen de produire plus localement, avec des ouvrages adaptés à la culture et aux attentes des habitants – notamment par des livres numériques en arabe. 

 

Sauf que l’industrie opère plusieurs autres constats : des lacunes persistantes handicapent la chaîne d’approvisionnement de l’édition arabe. On parle ainsi de difficultés qui vont de l’acquisition de livres jusqu’à leur commercialisation. Publishing Perspectives s’est entretenu avec Bodour Al Qasimi, responsable de l’association des éditeurs des Émirats.

 

Création d'un endroit unique au monde

 

« Les Émirats arabes souhaitent devenir un hub mondial pour les industries créatives. Nous voulons attirer les plus importantes multinationales, ce que les plus innovantes au monde ont à offrir, tout en stimulant la croissance des entreprises nationales, pour qu’elles puissent rivaliser sur la scène mondiale. »

 

Concrètement, la Sharjah Publishing City aura pour première mission de perturber l’équilibre actuel, où les industries se concentrent à travers une dizaine de pays exportateurs. Sous la forme d’une zone franche, elle agira comme un outil de politique économique pour la promotion des investissements et des exportations. Au sein de Charjah, l’un des émirats, dont la capitale homonyme est la troisième agglomération émiratie, le déploiement de cette structure affiche une volonté de rassemblement. « Ce seront en fait 365 jours de Foire du livre, en un unique endroit », précise Bodour Al Qasimi. 

 

Une implication de la ville de Charjah déjà forte

 

Charjah s’est déjà distinguée en proposant des programmes et des initiatives visant à l’alphabétisation des jeunes, mais également en incitant à la lecture à la maison. En 2012, pour combler le déficit de financement de l’éducation dans des pays du monde arabe touchés par la guerre, le gouvernement local, en association avec l’International Board on Books for Young, a levé 10 millions $ de fonds. 

 

Depuis, des pays comme l’Afghanistan, l’Iran, le Liban, le Pakistan, la Palestine et la Tunisie ont pu profiter de cette manne. Des créations de bibliothèques communautaires, la constitution de stocks de livres jeunesse, ou encore la rénovation d’établissements de prêts sont au programme. « Nous devons faire en sorte que l’alphabétisation des enfants dans les zones de conflits ne soit pas oubliée. C’est la raison pour laquelle, le 23 avril, journée mondiale du livre et du droit d’auteur, j’ai lancé la Fondation Kalimat, pour soutenir les enfants dans les pays en guerre », ajoute-t-elle. (via IPA)

 

Soutenir l'export, ainsi que le développement local

 

En attendant, la perspective d’ouverture de Sharjah Publishing City mobilise les ressources et les forces. Des partenariats, comme celui monté avec la New York University, ouvriront différentes pistes. De même, concentrer les ressources implique d’offrir une fenêtre toute particulière sur la production des éditeurs locaux.

 

« L’augmentation des ventes et des cessions de droits est une première étape facile pour les éditeurs nationaux. C’est un enjeu que de vendre sur les marchés étrangers pour internationaliser leur activité. Mais Sharjah Publishing City jouera un rôle plus important dans le développement des capacités des éditeurs au niveau local », ajoute-t-elle. 

 

Et pourquoi pas, arriver à servir de modèle pour d’autres pays, et s’assurer « que des voix uniques soient entendues dans le monde entier ».