Shell étouffe la mort d'un écrivain nigerian avec un gros chèque

Clément Solym - 09.06.2009

Edition - Justice - Shell - etouffer - mort


« Les plaignants ont trouvé aujourd'hui un accord dans leur litige avec la compagnie Shell », annoncent les avocats américains du groupe de victimes. Retour en 1995 : à cette époque, le président nigérian Sani Abacha aurait lié un accord avec la compagnie Shell pour l'exploitation des ressources pétrolifères du pays.

Mais face à eux, un écrivain, Ken Saro-Wiwa, également militant écologiste et fondateur du Mosop, (MOvement for the Survival of the Ogoni People ou Mouvement pour la survie du peuple Ogoni) s'était dressé et accusa la compagnie de nuire gravement à l'environnement, autant que de donner un prétexte à l'introduction de militaires dans le Delta du Niger. En outre, Shell ne faisait pas profiter la population des revenus liés à l'exploitation du pétrole.

Mais le 10 novembre 1995, le récipiendaire du Nobel alternatif est retrouvé pendu alors qu'au terme d'une campagne non violente il était parvenu à faire cesser les activités de la compagnie dans le sud du Niger.

Largement soupçonnée de complicité, Shell a préféré éviter un procès en versant donc la somme de 15,5 millions $, mettant alors un terme au litige qui l'opposait à divers plaignants. La plainte avait été déposée eu égard à une loi datant de 1789 et qui stipule que les sociétés présentent en partie aux USA doivent se plier aux lois américaines où qu'elles s'implantent.

Les avocats des droits de l'homme du Centre pour les droits constitutionnels ont précisé qu'une partie de la somme serait versée aux clients, mais également à un fonds de soutien aux Ogoni.