Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Sherlock Holmes, enfin libre ?

Xavier S. Thomann - 19.02.2013

Edition - International - Sherlock Holmes - Conan Doyle Estate - Etats-Unis


Aux États unis, les ayant droit du détective créé par Si Arthur Conan Doyle veillent sur leur héritage d'une main de fer. Difficile de reprendre les éléments des livres de Conan Doyle sans rencontrer quelques difficultés. Mais un spécialiste de Sherlock Holmes a décidé de faire évoluer cette situation, un peu absurde, il faut bien le reconnaître. 

 

 

Leslie S. Klinger, écrivain et procureur, vient de déposer une plainte contre la Conan Doyle Estate auprès du US District Court du Northern district d'Illinois, aux États-Unis. Il estime que la Conan Doyle Estate n'est plus légitime quand il s'agit de faire payer les auteurs qui reprennent des éléments de l'oeuvre du créateur de Sherlock Holmes. En effet, rappelons que Conan Doyle est décédé en 1930, ce qui commence à faire un certain temps, vous en conviendrez. 

 

Ce spécialiste de Sherlock Holmes est une référence en la matière de l'autre côté de l'Atlantique. Il a notamment travaillé à la publication d'une édition des oeuvres complètes de Conan Doyle et fait partie de l'association Baker Street Irregulars. 

 

Mais il contribue aussi à la littérature issue de l'univers de Sherlock Holmes. Et c'est à cet effet qu'il est particulièrement sensible à la question du droit de regard détenu par la Conan Doyle Estate. En travaillant à un recueil d'histoires inspirées des aventures du célèbre détective privé (par des auteurs tels que Michael Connelly ou encore Lev Grossman), il est tombé sur un os. 

 

Faire revivre Sherlock coûte cher

 

En effet, on lui réclame une certaine somme d'argent pour avoir le droit d'utiliser les personnages et leur univers. Dans d'autres cas, il a fallu payer jusqu'à 5,000 dollars pour jouir de cette autorisation, une somme que l'intéressé juge ridicule, étant donné qu'il s'agit ici de personnages créés il y a plus d'un siècle. 

 

Sauf que les histoires publiées après 1923 sont toujours sous copyright, ce qui permet aux ayants droit de se manifester dès que les personnages sont repris, y compris lorsque la source d'inspiration provient de récits antérieurs à 1923. 

 

Klinger explique : « Ce n'est pas la première fois que les ayants droit ont mis la pression sur des créateurs. C'est la première fois en revanche que quelqu'un s'élève contre eux. Dans le passé, beaucoup d'entre eux ne pouvaient tout simplement pas se permettre de se battre, et avaient cédé en payant une somme contre l'autorisation de la Conan Doyle Estate.» 

 

Il a conclu en affirmant que les personnages de Holmes et de Watson appartenaient au monde entier, et pas seulement à quelques heureux privilégiés.