Shimon Pérès et Christine Albanel au Salon du livre

Clément Solym - 14.03.2008

Edition - Société - Shimon - Peres - Albanel


La presse était triée sur le volet, hier, qui avait l'autorisation indispensable pour assister à l'inauguration du Salon en présence du chef d'État israélien. Dès l'entrée, on perçoit clairement qu'un déploiement policier inhabituel encadre la manifestation. Vous l'avez lu dans nos colonnes, l'appel au boycott par les écrivains arabes  a suscité une vague d'inquiétude et engagé un renforcement policier.

Déjà intervenu pour manifester son désappointement face au boycott, M. Shimon Peres a enfoncé hier le clou en déclarant que « celui qui décide de boycotter se punit lui même ».

Car « ceux qui veulent brûler les livres, boycotter la sagesse, empêcher la réflexion, bloquer la liberté se condamnent eux-mêmes à être aveugles, à perdre la liberté », précise-t-il. Et de conclure sur des mots forts : « S'ils boycottaient seulement les livres, mais ce qu'on ne leur pardonnera jamais, c'est qu'ils boycottent les dix commandements, y compris Tu ne tueras point. »



Pour Christine Albanel, intervenue en suivant, M. Pérès est « l’homme de grand courage qui n’a jamais cessé son combat pour la paix », et a profité de l'occasion pour congratuler son dernier recueil de poèmes. Un seul mot d'ordre, donc, « c'est la littérature israélienne qui est invitée, et non l'État d'Israël ».

Pourtant, d'autres commentateurs ont trouvé l'une des publicités pour le Salon passablement déplacée. On y voit un livre ancien, avec le nom d'Israël écrit en gros, suivi de « invité du Salon du livre ». « Non que cela prête réellement à confusion, lance un journaliste, pour n'importe quel autre pays, cela serait très bien passé. Mais parce que c'est Israël, tout d'un coup, c'est presque grave... »

Reste que hormis un incident quasiment anodin — la chute d'un panneau, lors de la présence de M. Pérès — on pourrait dire que l'inauguration s'est bien déroulée...