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"Si le libraire disparaît, la mort de l'éditeur suivra."

Nicolas Gary - 14.03.2013

Edition - Librairies - Amazon - remises commerciales - librairie indépendante


Les librairies Initiales viennent de diffuser un intéressant communiqué, pour évoquer la question des remises commerciales, consenties par les éditeurs et diffuseurs, à destination des libraires. Dans un précédent article, paru dans ActuaLitté, le 25 février, les éditions Pourpenser faisaient d'ailleurs état de remises, dans le cas d'Amazon, allant jusqu'à 50 %. 

 

 

 

 

Or, les représentants des éditeurs et diffuseurs assurent « la main sur le coeur », que ces pourcentages sont faux, « qu'au grand jamais cela ne sera et que ce grand marchand de livres en entrepôt bénéficie des mêmes conditions commerciales que les librairies indépendantes », explique Stéphane Emond, président de l'association des librairies Initiales.

 

En acceptant de croire que les déclarations d'intentions sont réelles, et vraies, il souligne par ailleurs que la librairie française représente « plus qu'Amazon pour la vente de livres », et qu'à ce titre, elle « devrait bénéficier, dans sa grande disparité, de conditions commerciales bien plus favorables ». 

 

Cela est fort bien. Mais ce qui est intéressant, c'est de noter que le président du SNE, Vincent Montagne, avait fait remarquer, à l'occasion d'une conférence de presse portant sur le Salon du livre de Paris, que l'absence dudit Amazon était dommageable. Et d'autant plus que cet acteur « n'est pas simplement un opérateur dans le monde numérique, mais c'est surtout un libraire », ainsi que l'avait relevé ActuaLitté.

 

« Nous espérons que cette remarque n'engage que lui, mais nous n'y croyons guère. Cette délicate sortie en dit long sur la fracture désormais consommée entre l'édition et la librairie indépendante. Mais ce monsieur se berce d'illusions s'il pense qu'il va pouvoir garder sa place, celle d'éditeur, et celle de sa filière », appuie Stéphane Emond.

 

Une telle prophétie ne doit rien au hasard, mais prend plutôt au pied de la lettre les propos d'un certain Jeff Bezos, pour qui « les seules personnes nécessaires dans l'édition sont l'écrivain et le lecteur ».

 

Sauf qu'à ce titre, note-t-il : « Si le libraire disparaît, la mort de l'éditeur suivra. »

 

« Nous ne voulons pas prendre cette déclaration pour une déclaration de guerre. Cependant, puisque la remise maximale concédée aux libraires n'est qu'au plus de 40 %, invitons éditeurs, diffuseurs et distributeurs à consentir à la librairie indépendante au moins la même remise commerciale qu'à Amazon.

 

Enfin, exigeons d'eux qu'ils oeuvrent au raccourcissement des délais de livraison, qui, à l'heure du 48 h et bientôt du 24 h, font passer les libraires qui n'y sont pour rien, pour des commerçants d'un autre temps. »

 

Dont acte.

 

  Communiqué des libraires Initiales - 14 mars 2013.pdf by ActuaLitté