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Silvia Baron Supervielle : pour traduire 'il faut que je tombe amoureuse'

La rédaction - 23.03.2014

Edition - International - Silvia Baron Supervielle - traductions - romans


« J'aime beaucoup lire les traductions. C'est lire un autre livre, mais du même auteur. » Silvia Baron Supervielle est elle-même auteure et traductrice, et s'est attachée à exporter la littérature argentine. Mais pour traduire « il faut que je tombe amoureuse ». L'art de la traduction est délicat : « C'est écrire, mais pas seul. Comme de marcher à deux dans la rue. »

 

 

Silvia Baron Supervielle

ActuaLitté, CC BY SA 2.0 

 

Silvia Baron Supervielle a publié l'an passé, aux éditions Gallimard, Lettres à des photographies. 

 

Quelques photos sauvées de l'oubli, disposées près de la table de travail de Silvia Baron Supervielle, sont le point de départ de ces lettres bouleversantes, adressées à une mère disparue très tôt. Ces missives tentent d'imaginer la vie trop brève de la mère de l'écrivain. Son physique, ses origines, son mariage sont évoqués, conjurés même par Silvia Baron Supervielle afin de mieux la comprendre, et de lui rendre justice. 

Car après le remarriage du père, l'évocation de sa mémoire est interrompue. La jeune Silvia quitte l'Argentine - où, peut-être une douleur trop forte l'empêche de vivre pleinement - pour devenir écrivain et poursuivre ce dialogue jamais suspendu avec sa mère. Les cent soixante lettres rassemblées ici sont l'aboutissement poétique et biographie de ce cheminement, comme une façon de racheter un silence imposé autour d'une blessure existentielle trop vive.