Simon & Schuster étend son programme de prêt aux États-Unis

Antoine Oury - 27.06.2014

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L'Association des Bibliothèques Américaines (American Library Association, ALA) a ouvert son congrès annuel de Las Vegas sur une bonne nouvelle, puisque l'éditeur Simon & Schuster a décidé d'étendre son programme de prêt d'ebooks à tous les établissements américains. Une belle victoire, avec un éditeur longtemps réticent à ouvrir les vannes - et qui milite désormais pour qu'elles le soient encore plus.

 


Frankfurt Book Fair 2013

Simon & Schuster, Frankfurt Book Fair 2013 (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

La présidente de l'ALA n'a pas caché sa satisfaction, en ouverture du congrès : « Ce jour restera comme une étape importante dans la qualité du service aux usagers, au sein des bibliothèques. [...] Nous avons toujours su que les prêts en bibliothèques permettent aux usagers d'expérimenter, en découvrant de nouveaux auteurs, de nouveaux sujets, de nouveaux genres. »

 

Du côté des éditeurs, ce n'est pas encore gagné : le livre numérique fait toujours craindre une cannibalisation des ventes, et Simon & Schuster fut l'un des plus réticents à proposer son catalogue dans les établissements de prêt. En avril 2013, il tentait finalement un programme pilote dans l'État de New York, dans trois établissements. En proposant un service inédit, l'achat en bibliothèques.

 

Les conditions de prêt s'approchaient, elles, de ce qui est devenu la règle dans l'édition américaine : un catalogue totalement accessible, mais un seul prêt d'un titre à la fois. Cependant, les téléchargements étaient illimités pour toute la durée de la licence, soit une année. Les conditions tarifaires de l'achat n'avaient pas été dévoilées.

 

Simon & Schuster, en janvier dernier, a d'ailleurs salué le rôle des bibliothèques dans ses bons résultats de l'année passée. L'ajout d'un bouton « Buy Now » aux catalogues en ligne des bibliothèques faisait partie des conditions pour l'octroi d'ebooks en prêt. Ce souhait de l'éditeur avait d'ailleurs été critiqué, puisqu'il faisait du service public une sorte de promoteur du catalogue d'un éditeur.

 

Bouton d'achat ou non, les éditeurs devraient réaliser que la mise à disposition de titres en bibliothèque est tout à leur avantage, y compris en France. Le dernier rapport de Hadopi sur les pratiques culturelles des Français soulignait ainsi que 42 % des lecteurs d'un titre ou d'un extrait de livre étaient susceptibles de céder à l'achat.