Splendeur et (vilaines) misères d'un éditeur américain

Clément Solym - 04.08.2015

Edition - Economie - livre numérique - Simon Schuster - éditeur américain


Le commerce du livre dans le groupe CBS connaîtrait une mauvaise passe, qui durerait depuis quelques années. En dépit de la croissance des ventes numériques, les ouvrages imprimés se vendent moins bien, et les premières ne compensent pas les seconds. Le magazine Forbes estime que les actionnaires de CBS n’ont pourtant pas de raisons de s’inquiéter...

 

Simon & Schuster - Frankfurt Buchmesse 2014

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

La forte croissance des ebooks s’est tassée ces 18 derniers mois. D’une hausse annuelle qui dépassait les trois chiffres, le marché américain est revenu à des choses plus raisonnables, voire à une certaine stagnation. 

 

Des éléments l’expliqueraient, comme le retour progressif à des contrats d’agence, par lesquels les éditeurs fixent un prix de vente pour les livres numériques. Moralité, les revendeurs ne sont plus à même d’opérer des remises, et les clients se presseraient moins au portillon.

 

Pour le groupe CBS, propriétaire de la maison Simon & Schuster, la situation est comme partout ailleurs : ralentie. Mais, estime Forbes, les coûts de production des livres numériques étant moindres que ceux des ouvrages imprimés, on assisterait alors à une augmentation des marges, malgré tout. 

 

Dans le même temps, l’édition représente moins de 3 % de la valeur des actions de CBS. Autrement dit, même un ralentissement n’est pas en mesure de faire s’effondrer l’édifice. 

 

Aux États-Unis, rappelle-t-on, 26 % des ventes étaient numériques pour l’année 2014, le reste étant réalisé par les livres de poche et les grands formats. Le livre numérique ne sera, faut-il vraiment le souligner, pas le prochain format unique à accaparer le marché. 

 

Chez CBS/Simon & Schuster, les ventes de livres imprimés ont chuté de 900 millions $ en 2007 à 775 millions $ en 2014. L’entreprise montrerait-elle une fragilité plus importante que ses confrères ? Forbes lui prédit tout de même un bel avenir encore.

 

Plusieurs expérimentations, comme les cours en ligne payants, ou des modèles d’abonnements pour livres numériques ont été mis en place, ne serait-ce qu’en cette première moitié de 2015. S&S a déjà saisi une partie des perches que tendait l’édition numérique.