Simon Wiesenthal, le chasseur de nazis employé par le Mossad

Clément Solym - 03.09.2010

Edition - Les maisons - chasser - nazis - wiesenthal


Il compte parmi ces survivants de l'Holocauste qui se sont vu accorder une réputation mondiale pour avoir fait par la suite la chasse aux nazis, où qu'ils se terrent. Mais finalement, Simon Wiesenthal, pourrait n'être plus l'homme que l'on a cru, assure une nouvelle biographie.

Le Mossad est l'une des trois grandes agences de renseignements d'Israël. Créé au début du XXe siècle, ce qui n'était qu'au départ une milice destinée à assurer la sécurité des juifs résidant en Palestine a fini par constituer une entité politique gouvernementale à part entière. (voir les précisions sur Wikipédia)

Or, trois personnes considérées comme d'anciens gestionnaires de cette agence viennent d'apporter leur témoignage à l'élaboration d'une biographie concernant Simon Wiesenthal, décédé à Vienne en 2005, à l'âge de 96 ans.

Pour Tom Segev, auteur du livre Simon Wiesenthal: The Life and Legends, qui doit paraître chez Doubleday la semaine prochaine, outre-Atlantique, l'histoire de cet homme serait intrinsèquement liée, à partir des années 60, au Mossad.

La vérité ne dérange pas, elle affine la réalité

En effet, durant cette période, il aurait reçu un salaire mensuel et un passeport israélien de l'organisation, avec pour mission première d'aider le Mossad à repérer les anciens criminels nazis, dont Adolf Eichmann, et de fournir des informations sur ceux qui s'étaient cachés dans les pays arabes, explique-t-il.

De fait, Simon Wiesenthal aurait même travaillé de concert avec le Mossad bien avant d'en devenir un salarié. Dès 1948, il aurait participé à une première tentative de capture d'Adolf, menée de concert avec les services secrets israéliens. Cette dernière aura échoué.

Pour mémoire, Eichmann fut capturé en 1960 alors qu'il vivait en Argentine. « Cela nécessite pour nous d'ajuster d'une certaine manière notre point de vue sur l'histoire », commente simplement Tom Segev. Selon les informations livrées, Simon aurait ainsi vu son bureau de Vienne financé par l'organisation durant dix années, le temps de leur collaboration.

Pour le Dr Efraim Zuroff, directeur du centre Simon Wiesenthal à Jérusalem et chercheur dans le domaine des crimes de guerre nazis, ce livre prouve « combien Israël, en recourant à Wiesenthal, a finalement été actif dans la poursuite en justice des criminels nazis ».

Si Wiesenthal n'aura réellement commencé à travailler pour le Mossad qu'à compter de l'arrestation d'Eichmann, son salaire était alors de 300 $ par mois, et le gros de son occupation était de surveiller les scientifiques partis en Égypte...