Singapour, l'édition entre "requins" internationaux et éclosion numérique

- 07.05.2013

Edition - International - marché - singapour - niche


Pivot économie mondial, Singapour attire à elle les publications des marchés américains et britanniques. Difficile, dès lors, de rivaliser pour les éditeurs locaux de langue anglaise ou non. Pour ce faire, les maisons loclaes ont opté pour des tactiques diverses, mais qui misent sur la proximité avec le lectorat. Environnement financier oblige, pour la maison Rank Books, l'important est d'offrir des titres sur les spécificités du marché asiatique.

 

 

 

 

Des manuels de conseil qui mettent l'accent sur la façon d'investir et réaliser des échanges sur place, ou des titres comme Handbook for Stock Investors, best-seller qui en est à sa 10e édition, expliquent cet engouement. Parfois, ils sortent du marché de niche local pour devancer la production étrangère ; en témoignent les meilleures ventes produites sur place qui caracolent à 10.000 exemplaires. Mais la concurrence farouche de la sphère américano-britannique donne l'impression que l'édition nationale « nage avec les requins blancs ».

 

Monsoon Books, autre maison d'édition a opté pour un marché moins cloisonné avec une large production de fictions. Mais là encore, l'accent est mis sur le soutien à une littérature du Sud-est asiatique, qui évoque cette région. Les auteurs doivent être particulièrement démarchés. M. Goh des éditions Rank Books explique que dans un petit pays où les gens ont un bon métier, peu écrivent sérieusement.

 

Contrairement aux maisons d'autres continents, les manuscrits – du moins les bons – n'envahissent pas les bureaux des éditeurs. « Dans ce business, si vous attendez que quelqu'un frappe à votre porte pour vous donner un manuscrit vendeur, vous êtes perdus », explique M. Goh.

 

De son côté, Phil Tatham de Monsoon, les candidats à la publication augmentent, mais on fait davantage appel aux propositions d'agents. Mais la santé du secteur ne connaît pas de situation privilégiée. Depuis deux ans les ventes s'amenuisent et deux acteurs importants de la librairie Borders et Page One ont fermé. Si Rank Books accuse un resserrement de sa production, l'autre éditeur profite de la santé du marché numérique depuis la parution de ses premiers ebooks, il y a 18 mois. Une certaine « cannibalisation » du papier, mais qui doit garder un effet levier.

 

Si Rank Books paraît plus pessimiste sur l'année en cours, c'est que l'éditeur devra patienter pour voir les effets de son catalogue numérique sur le point de débuter. Mais déjà, M. Goh se félicite des effets bénéfiques en termes de gestion d'invendus, notamment. Et la possibilité à ouvrir leur marché de niche à une plus grande sphère grâce à l'instantané des presses numériques.

 

Un bilan positif pour M. Tatham qui confie que si plus de livres sortiront directement en format numérique, l'ebook a excellé dans son rôle d'essai avant production sur papier. Mais tout reste à faire. À l'heure actuelle, aucun des principaux acteurs nord-américains n'a pris l'avantage sur l'archipel. « Le marché n'a pas encore décollé », résume Tatham. Mais déjà les éditeurs voient loin.

 

Du côté de Rank Books on aimerait mutualiser les écrits d'auteurs du monde entier autour d'un livre interactif, alors que chez Monsoon, on rêve de détrôner l'Inde comme scène littéraire anglophone de l'est. Via Publishing Perspectives.