Singapour libère Alan Shadrake, condamné pour insulte

Clément Solym - 11.07.2011

Edition - Justice - singapour - liberte - expression


C'est l'histoire d'un homme qui partait en tournée à Singapour, avec un livre à promouvoir. C'est aussi l'histoire d'un homme qui n'avait pas froid aux yeux. Dans son essai, il critiquait férocement la justice du pays, et sa tendance à facilement recourir à la peine de mort...

C'est donc l'histoire d'un téméraire, qui a confronté ses idées jusqu'au bout, et s'est retrouvé pris dans l'appareil judiciaire de Singapour, et s'est fait condamner pour insulte au pouvoir juridique du pays. Et on ne blague pas trop avec ce genre de comportement, à Singapour. (notre actualitté)


Accusé, reconnu coupable, Alan Shadrake aura purgé six semaines de prison ferme, accompagnées de deux semaines de rab, parce qu'il ne pouvait pas payer les 20.000 $ SG d'amende - près de 11.500 €.

Et depuis le 1er juin, après la perte de son appel, il attendait donc patiemment, à l'âge de 76 ans, d'être relâché, et renvoyé au Royaum-Uni. Il a été expulsé dans la journée de samedi. Finalement, le tribunal a décidé de lui accorder une remise de peine pour bonne conduite, et finalement, le voilà de retour plus rapidement que prévu.

Human Rights Watch avait qualifié son arrestation de « revers majeur pour la liberté d'expression à Singapour ».

Lors de sa condamnation, Shadrake avait simplement commenté qu'il était désolé pour Singapour, pas pour lui. Et d'ajouter : « Les citoyens de Singapour ne sont pas si crédules qu'ils perdront foi en leur système judiciaire... indépendamment des critiques fortes portées à son encontre. »

Il avait qualifié ce procès de « putain d'absurdité », et conclu : « S'ils me jettent en prison, je m'en fous » !