Singapour : pour faire lire la population, des livres vendus dans les transports

Elodie Pinguet - 16.02.2017

Edition - International - Singapour - livres minuscules - lecture population


À Singapour, il y aurait l’un des meilleurs programmes de lecture du monde. Pourtant, le pays n’est pas réputé pour être peuplé de grands lecteurs. Pour y remédier, les dirigeants tentent de lancer dès ce mois-ci des livres au format très réduit dans les transports en commun.

 

(photo d'illustration, Asbjorn Floden, CC BY NC 2.0)

 

 

Un sondage de 2015 montrait que seulement 40 % de la population de Singapour avait lu au moins un livre l’année précédente. Par comparaison ils sont 70 % aux États-Unis. Apparemment, la population se dit trop occupée par leur travail ou leur famille pour trouver le temps de lire.

 

Dans la même veine, 40 % des sondés avaient déclaré leur préférence pour internet et les réseaux sociaux. Selon les chiffres, entre 16 et 30 ans, les Singapouriens passent en moyenne 3,5 heures sur internet par jour.

 

À l’inverse, ces réponses contrastent avec la visibilité littéraire de la cité État. Selon les chiffres des établissements, ce sont 36 millions de livres qui sont empruntés dans les bibliothèques, chaque année. De plus, le pays décerne tous les ans le Singapore Literature Prize qui récompense des œuvres de fiction, poésie et non-fiction.

 

Dès ce mois-ci, une tentative de faire lire les Singapouriens sera lancée dans les transports en commun. Des livres de poche, que l'on peut vraiment glisser dans sa poche, seront proposés à 10 $ pour les usagers. Qualifiés de « ticket books », ils devraient inciter la population à lire plus.

 

Une autre campagne pour promouvoir la lecture a été lancée en 2016, le national Reading movement. Prévu pour durer cinq ans, il vise à « encourager tout le monde à lire plus, à lire de tout, à lire ensemble ». À cette occasion, une première Journée nationale de la lecture a été organisée le 30 juillet.

 

Malheureusement, il résiderait un certain frein à la culture dans le pays. En effet, le dirigeant de Singapour possède le pouvoir de supprimer ou refuser le droit d’éditer à n’importe quel moment, ce qui pousse parfois à la pratique de l’autocensure. De plus des subventions gouvernementales sont accordées aux magazines littéraires, de peur que leurs textes soient trop critiques vis-à-vis du gouvernement.

 

Via Washington Post