Six siècles d'histoire du livre d'art

Julien Helmlinger - 27.03.2013

Edition - International - Salon du livre de Paris - Pascal Fulacher - Histoire de l'imprimerie


Le Musée des lettres et manuscrits, partenaire d'Art Square, présentait à l'occasion du Salon du livre de Paris une exposition ainsi qu'une conférence sur l'histoire du livre d'art depuis l'invention de l'imprimerie par Gutenberg. L'occasion pour Pascal Fulacher, conservateur du Musée des lettres et manuscrits, journaliste et auteur de Six siècles d'art du livre parmi les collections du Musée des lettres et manuscrits, de présenter au public quelques innovations clés entrant dans le cadre de la conception d'objets-livres.

 

 

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Les balbutiements de l'imprimerie

 

La Bible de Gutenberg, en 1455 devient le premier ouvrage imprimé sur le territoire français. A l'origine de l'imprimerie, on gravait une lettre à l'envers sur un poinçon typographique, un processus long et fastidieux, nécessitant de nombreux outils. La matrice obtenue était mise au fond d'un moule dans lequel était versée la fonte, et c'est ainsi que l'on obtenait un caractère prêt à être imprimé plusieurs fois, jusqu'à ce qu'il en finisse écrasé. Lors de la phase de composition, les lettres étaient placées une à une et une presse à bras permettait d'imprimer le tout.

 

Dès la fin du 15e siècle, l'imprimerie se développait un peu partout en Europe et vers les années 1480 les tirages devenaient peu à peu plus conséquents. Les incunables démarraient par un incipit, mais sans page-titre, laissant apparaître un colophon en fin d'ouvrage. Les pages ne se trouvaient pas encore numérotées et le manuscrit restait le modèle de base. Les premières formes d'illustration consistaient en l'enluminure à la main, au pinceau ou au pochoir, et autres lettres ornées. Les reliures, décorées à partir du 12e siècle, se composaient principalement de teintures de peau, fermoirs et autres motifs.

 

C'est à partir de 1478 en France, que sont apparues les premières gravures sur bois. Parfois rehaussées en couleur lorsque le propriétaire en faisait la demande. Mais ces livres restaient chers et tirés à bien peu d'exemplaires. Les premiers livres illustrés étaient des incunables, des livres d'heures et autres livres de voyage.

 

Les caractères romains, bien qu'apparus dés 1522 en France, ne détrônèrent les caractères gothiques que vers 1540. C'est en ce temps-là que l'éditeur vénitien Alde Manuce, proche des penseurs humanistes comme Pétrarque, publiait les auteurs antiques, sans commentaires ni glose. Les livres avaient tendance à se vouloir plus maniables et l'italique fit son apparition.

 

Vers une imprimerie industrialisée

 

Au cours du 16e siècle, la langue française se substitue petit à petit au latin dans les ouvrages, et les livres paginés font leur apparition. François 1er en 1539 ordonne la fondation de l'Atelier des reliures à Fontainebleau. Celles-ci étaient alors fabriquées en marocain, avec des dorures sur cuir, des décors polychromes ou à entrelacs. Pour obtenir des dos plats, on favorisait les coutures à la grecque.

 

En fin de siècle, les armoiries foisonnaient sur les couvertures de livres. À Amsterdam, l'éditeur Elsevier publiait des classiques en petit format et les ouvrages de cartographie devenaient à la mode. Dès le siècle suivant, le cardinal Richelieu instigue la création de la Manufacture royale d'imprimerie du Louvre, sous le règne de Louis XIII. 

 

Le temps se prête aux belles éditions, sobrement illustrées par les grands artistes contemporains, qu'il s'agisse de peintres ou de graveurs. Un style classique se généralise au 17e siècle. Ensuite, sous les règnes de Louis XIV et Louis XV, ce sont les grands livres de fêtes qui se popularisent, tandis que les décors de reliure se diversifient : signes répétitifs, à la fanfare avec un ovale central, ou à la Dusseuil.

 

Au cours du 18e siècle, les noms de référence dans le milieu des imprimeurs sont Baskerville en Angleterre, Bodoni en Italie et autres Didot en France. Les tirages impliquent entre 1000 et 2000 exemplaires en moyenne. L'éditeur est toujours à la fois imprimeur et libraire dans la majorité des cas. Nicolas Cochin devient l'un des premiers spécialistes de l'illustration intérieure. On grave de plus en plus à l'eua forte, on retouche, et à la fin du siècle on grave en couleurs. Les ouvrages informatifs sont à la mode, comme l'Encyclopédie de Diderot en 35 volumes, dont 11 de planches illustratives.

 

Apparition du livre comme objet d'art

 

À partir du 19e siècle, la gravure couleur se popularise, on grave sur bois, sur cuivre ou encore sur acier, et vient la période romantique avec ses frontispices et autres doubles frontispices. Les reliures se veulent désormais éclectiques, avec notamment parfois des pastiches reprenant les codes des diverses époques du passé. L'art nouveau fait son entrée dans la création de livres, les cuirs se retrouvent incisés, mosaïqués, frappés de symbolismes.

 

Le Parallèlement de Verlaine devient le premier livre de peintre, vers 1900, et le livre deviendra ensuite un véritable objet de création. Désormais il existe des livres d'artistes de toutes sortes, des tirages limités, mais également des tirages plus importants. Selon le spécialiste Pascal Fulacher, c'est une des raisons pour lesquelles l'objet-livre a encore de beaux jours devant lui.

 

 

 

 




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