Smashwords : 4 années d'existence et 5 milliards de mots

Clément Solym - 06.08.2012

Edition - Les maisons - Smashword - Mark Coker - Auto-édition


Nous étions passés à côté de l'annonce, début juillet, mais elle a pourtant son importance : 5 milliards et quelques millions de mots sont entrés au catalogue de Smashwords, d'après son PDG Mark Coker. Les fans de l'auto-édition ne cessent de croître, une histoire qui a débuté il y a maintenant 7 ans et loin de faire l'unanimité à l'époque, d'après le fondateur de la plateforme dédiée à l'édition numérique.

 



« Mon rêve devient peu à peu réalité » explique Mark Coker sur le blog de sa compagnie. « Lorsque j'ai lancé Smashwords il y a quatre ans en 2008 après avoir mûri le projet depuis  sept ans, j'ai eu cette idée folle de penser que les auteurs méritaient plus d'autonomie. A savoir, assumer le contrôle de leurs propres publications, sans gardiens. Il y a encore quatre ans, pareille idée ne suscitait pas tant d'enthousiasme. »

En effet, Smashwords est né d'une volonté de soutenir la créativité avec toutes les exigences qui relèvent de la propriété intellectuelle. « Je pense que l'opinion sous-estime encore la capacité de l'auto-édition », explique-t-il. Mais si les auteurs peuvent parfois souffrir d'un manque de reconnaissance, ce gardien de l'édition indépendante, lui, n'en manque pas. Le New York Times notamment fut le dernier à rendre à Smashwords ce qui lui appartient en mentionnant quatre ouvrages autoédités sur la plateforme dans son top des ebooks. (voir notre actualitté)


« Lorsque nous avons lancé l'auto-édition, c'était considéré comme la solution de seconde main pour auteurs ratés. Je n'ai jamais pensé ainsi, chaque écrivain a quelque chose à partager avec le monde. »

Est-ce à dire que le lectorat de l'auto-édition apprécie l'écrivain à sa juste valeur ? Pas de titres remaniés, pas de couvertures ni de prix littéraires tape-à-l'oeil. À en croire Coker, un vent de remise en question souffle sur les comités de lecture et un lien plus direct entre écrivains et lecteurs se créé, sans sélection intermédiaire.

Balzac serait-il toujours Balzac s'il avait été autoédité ? Les débats sont ouverts mais sans Honoré (voir notre actualitté). Si les critiques voient un écart important entre les livres autoédités et ceux des grandes maisons, la nature de cet écart reste encore à préciser. Smashwords se ferait-il éditeur à la place de l'éditeur ?

Pas exactement, puisque si Coker fait de l'auto-édition son gagne-pain, il défend haut et fort le principe d'autonomie, (voir notre actualitté) regrettant que « Les éditeurs se moquent bien au fond de ce que vous écrivez, obsédés par les résultats ». Plus caricatural que réaliste ? Son fondateur ne se lasse jamais, quoi qu'il en soit, d'exprimer son respect pour les auteurs : « Nous laissons les gens publier et beaucoup de ces auteurs parviennent à obtenir de vrais succès commerciaux. »