SNE et SDFA : pour une chaîne publique jeunesse et culturelle

Clément Solym - 05.06.2008

Edition - Société - télévision - chaine - publique


Les réflexions du Syndicat national de l'Édition portant sur le livre et sa promotion à la télévision (voir notre dossier Oprah Winfrey au secour du livre), viennent de porter leurs fruits. Dans une lettre adressée au Président de la Commission pour la nouvelle télévision publique et au Président de la République, le SNE et le Syndicat des Producteurs de Films d’Animation réclament « la création d’une chaîne publique dédiée à la jeunesse mettant en avant la création, la culture et l’édition françaises ».

Le CSA avait dernièrement constaté que « l’offre jeunesse de France Télévisions ne répond qu’imparfaitement aux attentes que ce public et les parents sont en droit d’attendre », et les deux organisations s'alarment de ce que « l’offre jeunesse s’est réduite au fil des ans sous la pression des exigences d’audience pour s’uniformiser et se concentrer uniquement dans les matinées ». Ainsi, rien n'est prévu pour les têtes blondes à des horaires clefs de la journée.

De son côté, la TNT a permis à plusieurs services publics européens de télévisions de lancer des chaînes dédiées, citons ainsi la ZDF et l’ARD en Allemagne, la BBC en Grande-Bretagne, la RAI en Italie et la RTVE en Espagne. Mais France Télévision, nada ! Et à moins d'un changement, « toute la filière de création de programmes jeunesse en France pourrait être menacée », redoutent le SNE et le SDFA. Pourtant, la création dans le secteur jeunesse est forte en France et les adaptations n'ont pas manqué ces derniers temps. Citons l'apparition de Titeuf par exemple, sur le petit écran.

« Il est urgent qu’une initiative majeure soit prise pour que France Télévisions ne devienne pas un acteur marginal en matière de diffusion jeunesse en Europe », concluent les deux Syndicats. Un appel qui fera écho à l'initiative menée par des élèves strasbourgeois, qui se sont privés d'écrans sans peine, qu'ils soient d'ordinateur, de télévision ou de console durant 10 jours.